En mai 1967, Paul McCartney chantait « When I’m Sixty-Four ». Dans cette chanson guillerette, il se demandait avec un brin de candeur s’il ferait tout un tas de petites choses lorsqu’il serait un vénérable sexagénaire.

Trois ans plus tard, bien plus au nord du pays, naissait Judas Priest. Eux ne se sont jamais demandé s’ils feraient quoi que ce soit quand ils atteindraient tel ou tel âge. Et pourtant, si, dans un univers parallèle, le groupe emmené par Rob Halford avait écrit un titre nommé « When I’m in my Seventies », je peux vous dire que la réponse serait sans appel. Laissez-moi donc jouer le voyageur temporel et annoncer aux tout jeunes Rob Halford (vocaliste), Ian Hill (bassiste), Glenn Tipton et K.K. Downing (guitaristes), ce qui les attend en avril 2024, quand ils seront effectivement dans leurs soixante-dix balais.

Chers membres de Judas Priest, quand vous aurez septuagénaires, sachez déjà que vous pourrez être fiers de vos productions studios les plus récentes. Que ça soit « Firepower » ou « Invincible Shield », vous crachez toujours autant le feu et les riffs, la foi chevillée au corps. Et ce ne sont pas les seules perles de votre longue discographie, bien évidemment. « Sad Wings of Destiny »,  « Screaming for Vengeance », « Painkiller »… autant de noms culte pour tout amateur de metal.

Mais aussi, et surtout, vous ferez monter la température face à un Zénith complet, avec une setlist maîtrisée de bout en bout. Rob, même s’il n’a plus la fougue de ses vingt ans, arpentera la scène et soufflera tout le monde avec ses montées dans les aigus (plus aussi parfaites qu’à l’époque, mais encore fort convaincantes). Les autres musiciens assureront admirablement leurs partitions respectives. Une installation vidéo viendra parachever la puissance des morceaux et la sensation de communier dans une véritable messe heavy metal.

La setlist, variée et savoureuse, rendra hommage aux nombreux albums qui ont émaillé la carrière de Judas Priest. En rappel, K.K. Downing (qui quittera le groupe en 2011) viendra même jouer quelques morceaux devant une foule absolument ecstatique.

Et surtout, comme la majorité de cette chronique, le groupe terminera son concert en parlant au futur. « The Priest will be back », fin de citation. À ce stade, ma connaissance de l’avenir s’arrête, malheureusement.

Mais pourvu que ça soit vrai, et pourvu que ça dure.

Matthieu Vaillant

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