Quoi de plus noble qu’une noble cause? Et encore plus quand elle mêle à la fois, Rock and roll chanté en français et soutenir la cause des femmes victimes de violences.
Une belle initiative qui prend forme pour sa deuxième année avec Paroles de Rockeurs, un festival dédié à la bonne musique et caritatif donc.
Une belle brochette de groupe tous aussi talentueux que les autres avec cette année une belle tête d’affiche que partage le groupe Petite Nao qui organise le festival, avec Soan et sa guitare qui viendra tout en intensité et émotion nous livrer une performance forte à ne pas en douter!
- DJ ALGA (DJ house/ mais pas que..) : @alga_pressing
- Petite Nao’ (Organisateurs & Rock Alternatif) : @petite_nao_
- Soan (Tête d’affiche / Chanson Rock intense) : @soan_kidhacienda
- Black Iris (Rock / Grunge ) : @blackirisrock
- Vasariah (Gothic / Melodic Metal) : @vasariahofficiel
- Chat Noir (Rock Alternatif) : @3chatnoir
- Deeva (Rock/ClubRock) : @deevarock
- Zephyr (Rock / Metal alternatif) : @zephyr_band_
https://www.helloasso.com/associations/petite-nao/evenements/paroles-de-rockeurs
C’est samedi 10 octobre à Morêt sur loing 77 et il y a tellement à dire que nous allons laisser la parole aux deux organisateurs de cet évènement, Coccinelle et Drikou du groupe Petite Nao, l’excellente bassiste du groupe et le chanteur poète charismatique.
@pyofficiel
Interview de Drikou et Coccinelle, organisateurs du Festival Paroles de Rockeurs et membres de Petite Nao
À l’approche de la deuxième édition du Festival Paroles de Rockeurs, qui se tiendra le samedi 10 octobre à la Salle Roland Dagnaud de Moret-sur-Loing, nous avons rencontré ses deux fondateurs, Drikou et Coccinelle. Entre passion du rock français, engagement contre les violences faites aux femmes et aventure humaine, ils reviennent sur l’histoire du festival et ses ambitions.
Une idée née d’un concert en pleine forêt
Paroles de Rockeurs en est déjà à sa deuxième édition. Pouvez-vous rappeler à nos lecteurs la genèse de ce festival et ce qui vous a donné envie de le créer ?
Drikou :
Bonjour, je me présente, Drikou, co-fondateur du festival Paroles de Rockeurs. Je vous présente Coccinelle, l’autre co-fondatrice.
L’idée est née lors du tournage d’un clip que nous avions réalisé en pleine forêt, sur une ruine. À la suite de ce tournage, nous avons eu une idée un peu folle : organiser un concert dans cette forêt, directement sur cette ruine.
Il n’y avait ni électricité, ni véritable infrastructure sur place. Il a donc fallu tout imaginer et tout construire nous-mêmes pour rendre ce concert possible. C’était notre première expérience de ce genre, et finalement, cette Release Party a été un véritable déclic.
À la fin du concert, on s’est simplement dit : « C’était génial, on en veut encore plus ! » Et c’est comme ça qu’est née l’envie de créer un véritable festival.
Très vite, nous avons voulu aller plus loin qu’un simple festival de musique. Nous voulions lui donner une âme, une identité et surtout du sens. Nous nous sommes donc naturellement tournés vers deux choses qui nous tiennent particulièrement à cœur : le rock français et la lutte contre les violences faites aux femmes.
C’est cette rencontre entre la musique, notre envie de créer et cette cause qui est devenue l’ADN de Paroles de Rockeurs.
Coccinelle :
Bonjour, je suis Cécile, alias Coccinelle, co-fondatrice du festival.
C’est vrai que c’est une réelle joie d’avoir rencontré un gars qui, comme moi, n’a peur de rien et qui a toujours envie d’aller encore plus loin. Avec Drikou, on se pousse mutuellement à aller au bout de nos idées, même les plus folles.
Et je crois que c’est justement cette énergie-là qui fait la force de notre projet.
Une deuxième édition plus ambitieuse
La deuxième édition aura lieu le samedi 10 octobre à Moret-sur-Loing. En quoi sera-t-elle différente ou complémentaire de la première ? Quels enseignements avez-vous tirés de cette première expérience ?
Coccinelle :
Eh bien, cette deuxième édition sera différente, déjà parce que nous avons eu la chance de lancer un appel aux groupes, et nous avons reçu énormément de réponses. Beaucoup, beaucoup de réponses !
Pour la première édition, nous avions beaucoup fait jouer nos amis et nos connaissances. Cette fois, hormis les groupes que nous voulions vraiment, nous avons lancé un véritable « casting », ce qui nous a permis d’avoir plus de choix et d’affiner notre sélection.
Nous avons forcément appris de notre première expérience. Nous avons notamment agrandi le village du festival, parce que nous voulions que Paroles de Rockeurs soit plus qu’un simple enchaînement de concerts.
Nous avons voulu créer un véritable lieu de rencontre, avec une ambiance, des échanges et des choses à découvrir autour de la musique.
Drikou :
Je n’ai rien d’autre à rajouter, si ce n’est qu’il faut se préparer à avoir vraiment beaucoup d’artistes… mais pas uniquement dans la musique !
Il y aura notamment des photographes, des tatoueurs, des maquilleurs, peintres…
On a vraiment voulu que ce festival soit vivant et qu’il représente plusieurs formes d’art.
Un engagement fort contre les violences faites aux femmes
Le milieu du rock, du métal ou encore du punk n’échappe pas aux problématiques plus larges de sexisme et de violences faites aux femmes. Comment ces questions sont-elles prises en compte dans vos choix artistiques et dans l’organisation du festival ?
Coccinelle :
Eh bien, on veille au grain !
On prend vraiment le temps de regarder les groupes qui nous sollicitent, leur univers, leurs valeurs et ce qu’ils véhiculent. C’est important pour nous que les artistes présents sur le festival soient en cohérence avec la cause que nous défendons.
Drikou :
Et évidemment, on a déjà croisé des groupes pour lesquels il y avait un doute, et dans ces cas-là, on préfère s’en écarter.
Mais on reste quand même très optimistes, parce qu’il y a énormément de musiciens dans le monde du rock qui sont sensibilisés à cette cause et pour qui elle est réellement importante.
Et ça, c’est aussi quelque chose qui nous fait plaisir : voir que cette sensibilité existe et qu’elle peut parfaitement trouver sa place dans le monde du rock.
Une place croissante pour les artistes féminines
Les initiatives visant à mettre davantage en lumière les artistes féminines se multiplient. Pourriez-vous imaginer, à l’avenir, une édition de Paroles de Rockeurs consacrée exclusivement aux voix féminines ou aux groupes comptant au moins une femme dans leur formation ?
Coccinelle :
Ce serait vraiment génial !
D’ailleurs l’idée était vraiment d’avoir plus de nanas. Mais comme vous le constaterez, ce n’est pas si simple.
Drikou :
Mais oui, carrément ! C’est même déjà quelque chose qu’on aimerait faire.
Il faut l’avouer, il n’y a pas encore assez de filles dans le monde du rock, et c’est justement quelque chose sur lequel on aimerait travailler.
Coccinelle :
On a déjà quelques pistes vraiment très intéressantes pour la prochaine édition. On aimerait une majorité de filles cette fois-ci.
Une organisation à l’année
Vous en êtes seulement à la deuxième édition mais l’événement semble déjà solidement structuré. Comment vous répartissez-vous les rôles au sein de l’organisation ? À quoi ressemble votre préparation tout au long de l’année ?
Drikou :
Eh bien déjà… on s’engueule !
Coccinelle :
Oui, oui, c’est clair qu’on passe beaucoup de temps au téléphone et qu’on s’engueule !
Mais toujours en bonne amitié et en bonne intelligence, et ça fait partie du jeu. On n’est pas toujours d’accord, et c’est justement grâce à cette confrontation de nos idées qu’on arrive parfois à trouver encore mieux.
C’est comme ça que ça fonctionne entre nous.
Drikou :
C’est ça, la beauté de l’amitié !
Et je ne vois pas comment ce serait faisable si on n’était pas sacrément amis avant.
Mais c’est vrai qu’on passe énormément de temps au téléphone à préparer le festival. Il faut savoir qu’avant même que l’édition soit terminée, on commence déjà à travailler sur celle d’après.
Et on sait très bien que dès que celle-ci sera terminée, on attaquera immédiatement la suivante.
Au final, c’est environ un an de préparation pour arriver à un événement comme celui-là. Mais c’est justement ce qui nous plaît, ce qui nous anime, et franchement, on adore ça !
Coccinelle :
Oui… enfin, on ne dort plus beaucoup quand même dans les dernières semaines !
Drikou :
Oui, mais c’est aussi ce qui nous tient en vie, tu es d’accord ? Quelle adrénaline !
Coccinelle :
C’est vraiment un truc à vivre, et on est heureux de le vivre ensemble… surtout quand c’est pour une bonne cause.
Le partenariat avec Paroles de Femmes
Comment l’association Paroles de Femmes a-t-elle accueilli votre projet ? Quelle forme prend son soutien et quelles actions concrètes ont été menées ensemble depuis la première édition ?
Coccinelle :
Au-delà des fonds que nous leur reversons à la fin du festival, ce que nous avons surtout compris, c’est que Paroles de Femmes cherche à gagner en visibilité.
Le festival leur permet justement de toucher un public différent, de faire connaître leur action et surtout de profiter de cet événement pour faire de la prévention.
Drikou :
Et finalement, c’est surtout ça qui les intéresse : pouvoir utiliser cette journée comme un véritable espace de sensibilisation et de prévention autour des violences faites aux femmes.
Pour nous, c’est important que le festival puisse être un relais de leur message, et pas simplement un événement qui leur reverse des fonds.
Une programmation fidèle à l’esprit du festival
Pouvez-vous nous présenter les groupes qui composeront l’affiche de cette deuxième édition ? Quels critères ont guidé vos choix et comment avez-vous constitué cette programmation ?
Drikou :
Nos critères sont assez clairement définis, parce qu’encore une fois, nous voulions vraiment donner une identité à ce festival.
Nous avons donc fait le choix de défendre le rock français, avec uniquement des artistes qui chantent en français.
On essaie également de favoriser la présence d’artistes féminines, même si ce n’est pas un critère essentiel.
En revanche, nous accordons une importance particulière au live. Ce que nous voulons avant tout, c’est du spectacle vivant, des artistes qui donnent tout sur scène, qui proposent quelque chose au public et qui ont une vraie énergie.
C’est vraiment ça qui nous intéresse.
Cette année, nous avons donc des groupes avec des univers qui vont du punk à l’électro, en passant par le rock alternatif.
On essaie vraiment de proposer plusieurs styles de rock, pour que la programmation soit variée et que chacun puisse trouver son univers.
Et on va même jusqu’au rock poétique avec notre tête d’affiche, Soan.
L’idée, c’est vraiment de montrer qu’il existe énormément de façons de faire du rock en français.
Pourquoi Soan ?
Soan figure parmi les têtes d’affiche de cette édition. Pourquoi avoir choisi cet artiste et que représente-t-il selon vous dans l’univers du rock francophone actuel ?
Coccinelle :
Soan, c’est pour nous le rebelle par excellence.
Mais derrière cette image, il y a aussi un discours que nous trouvons très cohérent et très intelligent, notamment sur la place des femmes et sur la nécessité de tenir compte du monde dans lequel nous vivons.
Il y a encore beaucoup de combats à mener, et nous trouvons intéressant qu’un artiste comme lui puisse aussi porter cette réflexion à travers sa musique et sa personnalité.
Nous sommes donc vraiment très heureux de l’avoir avec nous cette année.
Pour nous, c’est une tête d’affiche qui correspond parfaitement à l’esprit de Paroles de Rockeurs.
Entre scène et organisation
Vous êtes également membres du groupe Petite Nao. Comment vivez-vous cette double casquette d’organisateurs et d’artistes lors du festival ?
Drikou :
Eh bien, c’est un enrichissement incroyable, parce que nous avons justement ces deux rôles : celui d’artiste avec Petite Nao, que nous connaissons très bien, et celui d’organisateur, que nous continuons à découvrir.
C’est vraiment intéressant de se placer de l’autre côté de la barrière, du point de vue de l’organisateur.
Depuis que nous faisons ce festival, nous vivons d’ailleurs différemment les festivals dans lesquels nous jouons, parce que nous en voyons maintenant les deux facettes.
Et je pense que cette double expérience nous fait grandir, et nous rend meilleurs des deux côtés.
Coccinelle :
Et puis c’est aussi un petit défi, parce qu’en tant qu’organisateurs, on sait ce que représente le rôle d’un artiste sur scène.
Et comme c’est notre deuxième édition et que Petite Nao rejoue cette année, il fallait aussi trouver quelque chose de différent, pour ne pas simplement proposer la même chose que l’année dernière.
Donc oui, c’est un vrai défi, mais artistiquement, c’est hyper enrichissant.
Drikou :
Et notamment avec le choix des guests…
Coccinelle :
Oui, exactement. Le choix des guests, c’est aussi une façon de proposer quelque chose de nouveau.
Déléguer sans perdre l’âme du festival
N’est-il pas parfois difficile d’être à la fois sur scène et dans les coulisses ? Envisagez-vous de déléguer davantage certaines missions afin de vous concentrer sur l’aspect artistique ?
Coccinelle :
Alors oui, c’est compliqué, il faut déléguer certaines tâches à des personnes de confiance.
Ce festival, c’est notre création. Il y a donc certaines décisions que nous ne remettrons jamais complètement entre les mains de quelqu’un d’autre, parce qu’elles touchent directement à l’identité et à l’esprit du festival.
La question impossible
Qu’est-ce qui vous procure aujourd’hui le plus de satisfaction : monter un festival qui rassemble un public autour de valeurs fortes ou monter sur scène avec Petite Nao ?
Drikou :
Les deux sont tellement complémentaires et ont tellement rien à voir.
Il y en a un qui est une transe. Je parle de la musique, entrer en transe sur des compositions originales, ça n’a pas de prix.
D’un autre côté, voir aboutir un projet, vivre un projet, une réalisation partie de rien, ça n’a pas de prix non plus.
Joker.
Coccinelle :
Non là vraiment, on ne peut pas choisir…
@pyofficiel








