DeathStars

Curieux nom de groupe que celui-ci : Deathstars. « Les étoiles de la mort », littéralement. Vous sentez venir le méchant asthmatique en armure noire ? Donc là, vous vous dites « Wah, c’est comme l’Étoile de la Mort dans Star Wars ! Trop classe ! Si ça se trouve ça va être commeça ! » C’est vrai quoi, Star Wars version metal, c’a quand même une sacré gueule. Eh bien réjouissez-vous, Lucassistes que vous êtes, car en fait ce n’est pas ça du tout ! (hahaha, je vous ai bien eus, non ? … NON, PAS TAPER !)

Pour le coup, on a troqué la galaxie lointaine (très lointaine) et ses étoiles pour la Suède, ce qui reste tout aussi froid et vid… euh… mystérieux que l’espace tout en étant plus accessible. Et pour ce qui est de la mort, les vilains Siths fans de Turisas ont été remplacés par des chevelus en uniforme noir de style vaguement soviétique. Mais attention, tout en cuir ! On est metal ou on ne l’est pas. Comme quoi on peut en rajouter des caisses sur un truc qui fait déjà peur à la base (l’uniforme de l’ex-URSS hein, pas le metal). Et puis il y a aussi du maquillage glam dans l’histoire. Curieuse combinaison.

Alors certes, le design est étrange et un peu inquiétant quand on regarde les clips. Après tout, on ne va pas se mentir, le metal gothique industriel, ça ne tourne pas vraiment autour des petits oiseaux gazouillant dans les prairies ensoleillées. Mais pour qui aime les voix graves, les riffs lourds et entraînants et les nappes de claviers mélangeant orchestrations et nuances electro et atmosphériques, il y a de quoi se régaler. On serait presque tenté d’y voir des similitudes avec Rammstein dans l’atmosphère véhiculée, tant elle est catchy et brutale à la fois, avec en plus une petite touche de cyberpunk. À ceci près que le chant se fait en anglais, ce qui est quand même beaucoup moins effrayant (PAS TAPER NON PLUS!).

Asphalt Wings est à l’image de beaucoup d’autres chansons de Deathstars : un tube qui reste en tête malgré sa formule assez classique, avec une guitare qui sert de complément rythmique à la basse et à la batterie pour une saturation prononcée sans être pour autant hardcore, un clavier qui assure la partie mélodique, et un vocaliste qui alterne chant grave puissant et growl. En somme, c’est assez fort pour être beau mais pas assez violent pour être bourrin, sans pour autant tomber dans le kitch. Tant mieux, d’ailleurs, car ce groupe fait partie de ceux que l’on a pas forcément l’habitude d’entendre tant la scène metal est inondée de death, de power et de black.

Pour certains, l’élévation passe par la philosophie ou la religion. Pour d’autres, il suffit juste d’ailes d’asphalte.

Pierre-Antoine Lavenant

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