boeuf chez le boucher

Pour écrire une chronique, une critique de disque, voire de livre -car la lecture d’un bon vieux livre fait de papier et d’encre cela reste l’activité culturelle la plus noble à mes yeux (juste après l’écoute d’un album de Joy Division face A puis face B)-, ou bien encore un live report encore empreint de sueur et de frénésie, tout comme les questions à poser lors d’une interview, je vais vous livrer sans détour ma recette d’inspiration et de création journalistique et l’écrire juste après cette phrase sans point mais rehaussée de virgules, énumérations et parenthèses qui fait 2094 signes exactement aves les espaces (Word est bien pratique avec cette fonction qui permet de connaître le nombre de mots, signes avec et sans espaces qui constituent votre frappe en cours ou terminée), recette assez magique en fait car venant de mes ancêtres et de mes chromosomes pour partie et de mon cerveau droit ou gauche pour l’autre, relayée par mes deux index qui taquinent l’AZERTY de façon hachée et créent ainsi un rythme régulier, tel celui créé par une TR808 en utilisant le rimshot tempo 112, vous savez cette boîte à rythmes mythique aussi bien par les sons qu’elle produisait que par son design et ses couleurs, car si l’on y réfléchit bien : au-delà des sons c’est bien l’image, le look, les poses, les façons de tenir leurs instruments et je n’oublie pas les paroles, tout cela est le mélange de stimulation des sens, d’émotions, de comportements et de conventions voire de provocations qui engendrent les étincelles, explosions, phénomènes, amours démesurées, succès fou des artistes que je suis amené à décrire, applaudir, louer, comparer, suggérer ou recommander avec chaleur et enthousiasme dans les colonnes de Songazine en appliquant à la lettre cette recette que je vais ci-après détailler et cliniquement porter à votre connaissance, la faisant ressembler à ces affiches que l’on ne trouve que chez le boucher nous montrant où se situent le paleron, le flanchet, le rond de gîte, la hampe et l’araignée, alors brisons-là, rompons l’omerta et présentons, tadaaa, tadaaa, la voici.

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