ciel

Ici c’est Karl Marx et avec mon pote Guy Debord, nous voulions vous envoyer une missive express du monde des esprits où nous sommes désormais en résidence.

Nous sommes morts de rire (enfin si l’on peut dire), car deux nouveaux arrivants fraîchement débarqués de votre Hexagone commencent à raconter, l’un qu’il était un immense écrivain, et l’autre un chanteur exceptionnel.

Autant dire que Rabelais, Garcia Marquez et BB King aidés de Chuck Berry -un poil vénère, le Chuck- leur ont collé une rouste et les ont envoyés peler les patates à a cantine. Il y a même Baudelaire qui a gueulé au plus petit : toi le gars de Neuilly, tu vas arrêter de nous faire l’albatros et rester coi. Quant à Brel, il a regardé son compatriote belge dans les yeux et surenchéri : le plat pays c’est bien mais moi j’ai jamais planqué mes thunes ailleurs qu’aux Marquises, hein môssieur l’évadé fiscal ! Même Borges qui est un gars calme d’habitude a haussé le ton et dit d’un ton sec : les gars, si vous mouftez, on vous envoie en corvée de nettoyage des salles de bains avec Claude François et Mike Brandt.

Guy et moi, experts ès opium du peuple et société du pestacle sommes écroulés pour deux raisons ;

La première c’est que nous entendons un sacré paquet d’âneries depuis quelques jours. Et ça cause, et ça cause, on compare des crayons de papier avec des stylos Mont-Blanc et des Peugeot 404 avec des Cadillac Eldorado ! Les médias-toc sont tous synchrones, pas de souci…

La seconde, c’est que nous constatons que les moutons avancent toujours ensemble, bien collés et dans la direction de la caisse enregistreuse, que le berger marketing leur indique. Comme chantaient des suédois pas encore défunts : « money, money, money ! » ; ah pas de problème de ce côté… les rotatives sont en train de tourner et les têtes de gondole vont déborder de compilations, rééditions, best of en tout genre.

Ces deux nouveaux camarades ont au moins eu le bon goût de nous rejoindre juste avant le pic des ventes annuels de babioles, appelé Noël ici-bas.

Allez, on va répéter un principe de base : ce n’est pas la part de marché qui fait la pérennité et le blam blam médiatique ne résonne pas longtemps à l’échelle de l’histoire.

Dans quelques années, ces deux-là se rendront compte qu’ils seront déjà en voie d’effacement et que leurs œuvres complètes seront résumées à un tweet ou deux. Et encore, chez ceux qui sont nés avant 1960 et n’ont pas encore vidé les cartons de leur dernier déménagement…

D’ailleurs, cher petit Webzine, un big hug à votre rédac chef qui ne possède aucun livre du premier et encore moins de disque du second.

Allez, on vous laisse, il y a Melville qui veut faire un poker et Prince qui va nous interpréter un duo avec Elvis.

Faut pas délirer, nous on préfère rigoler avec ceux qui boxent dans notre catégorie.

Vos dévoués, Karl et Guy

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