Robert Fripp

Surtout pas de blagues, hein ?

Tu es un musicien génial, tu es britannique, tu as 69 ans, toutes les conditions sont réunies pour que tu rejoignes la liste de nos chers disparus. Ton septantième anniversaire c’est le 16 mai, moi à ta place, je mettrai un million de sterling sur mon assurance-vie d’ici là.

Depuis Noël, c’est l’hécatombe ! Ils claquent comme des abeilles parfumées au Monsanto, des coptes en dessous d’une ligne Bagdad-Sharm El Sheikh ou ces arrogants orangs outans qui ont l‘outrecuidance d’empêcher l’huile de palme de tout dévaster en Indonésie. Toi Robert Fripp, tu es bien vivant et j’espère ne pas avoir à faire avant longtemps un flemmard copier-coller de ce courrier Songazine pour une nécro expresse si tu passes de vie à trépas.

King CrimsonKing Crimson, aaah. Le rock prog, aaah (et je ne fais pas le malin sinon j’ai deux des meilleurs de l’équipe qui font devenir tout cramoisis, crimson en English, donc bien rouges et avoir les narines dilatées comme sur la pochette inoubliable de In The Court of the Crimson King). Je laisserai d’ailleurs le soin à ces experts de revenir en ces colonnes sur cette période faste…

Tes collaborations sont innombrables avec de très grands artistes que nous aimons quasiment tous ! Modestement, je voudrais rappeler la largeur de ta contribution multifacettes et géniale avec quatre exemples de morceaux brillants et des coquins forts appréciables.

Heroes du grand Bowie, dont la légende dit que tu aurais improvisé cette lancinante partie de guitare.

Fade Away and Radiate, sur le classique et séminal Parallel Lines de Blondie.

On décolle pour de bon.

God’s Monkey de l’élégantissime David Sylvian.

Pour le titre : What Kind Of Man reads Playboy, avec l’ex-Police Andy Summers. 11 minutes de bonheur sautillant et futile.

Alors, donc, cher Robert Fripp, si la Faucheuse sonne à ta porte, tu lui glisses fissa et sous le seuil le mot suivant :

« Chère Madame, revenez-en 2046 ; si vous voulez vous régaler allez du côté des MTV Awards et des Victoires de la Musique : il y a de la chair fraîche et du fast-food plein le palmarès. Xxxxx. RF. »

Prépare le just in case, cette s**** est cap’ de se pointer !

Un rédac-chef énervé par la chronique nécrologique longue comme un jour sans pain du côté de la musique qui est bien.

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