Toute la relève du rock français s est donnée rendez-vous au Cartilage nouvelle salle de concert , et quelle satisfaction de savoir que des nouveaux lieux font mieux que résister, ils ouvrent !
Le cartilage, réouvre après la fermeture d’un cabaret libanais, au 210 rue du Faubourg Saint Antoine, pas très loin de Bastille.

On ne va pas bouder notre plaisir avec l asso « One More Song » un duo  bien décidé à casser la gueule à cette idée que le rock est mort, pire, qu’il n’en finit pas de mourir, les morts bien vivants ça existe,la preuve en est avec ces 3 groupes réunis en sous sol du Cartilage en ce jeudi 4 juin .

Hors Service a démarré les hostilités avec  un rock Indé teinté de pop rock pas piqué des hannetons  bien foutu et groovy comme il faut, panache et inventivité. Le son est de qualité, bon ils sont deux, mais quand même c’est bien réglé.

A suivre ! Comme une panne d ascenseur mais avec une bonne playlist quand t’es coincé dedans.

Grosse claque et surprise de la soirée avec +++, un groupe rafraîchissant avec des supers titres, un mélange de téléphone qui aurait buté les BB Brunes  à coup de claque dans la gueule. C’est frais inventif et très bien parti pour eux avec des titres qui restent bien dans le crâne, avec cette satanée jambe qui ne peut s empêcher de faire vibrer le sol.

Héroïne débarquent des 70’s avec des looks assez stylés et un clavier qui fait la moitié de la scène,ils arrivent direct en intro avec un solo de guitare qu on avait plus vu depuis les Doors en 1974.

Poésie, Héroïne ils savent de quoi ils parlent, on dirait Eiffel, Alain Bashung période où il était moins mort et Gérard de Nerval réunis sur scène, la relève des Doors, pourquoi pas !

Très aérien comme jeu style années 70, on lorgne parois dans le rock progressif de band son pour le cinéma.
C’est beau et maîtrisé, eux aussi il faut les suivre au GPS c’est bien cool.

Un dj set finira cette soirée, Vinyl Coyote, désolé j’ai rien vu car sortant de répétition moi-même, je m’éclipse comme …. une éclipse, j’ai les oreilles sorties de la friteuse, alors One More Song c’est « French qualitat », une première soirée totalement réussie,dédiée aux rock en français avec des jeunes gens pleins d envies et un renouveau dans un secteur qui est très trop métal pour certains, pas assez couillu pour d autres, eh les amis réveillez vous l’asso One More Song a du flair si si.. venez y faire un tour la prochaine fois, vous risquez bien de kiffer

 

@pyofficiel

Rose et Morgane

INTRODUCTION

Rose : Je suis Rose et je suis avec Morgane. Nous sommes très heureuses de répondre aux questions. Merci encore pour l’opportunité, c’est très cool

 

LES ORIGINES DU PROJET

D’où vous est venue l’envie d’organiser des soirées musicales ?

Morgane : À la toute base, il faut savoir que c’est un projet scolaire. Ça part de notre deuxième année de Master où, contrairement aux écoles traditionnelles où on doit rendre un mémoire, nous, c’était organiser une soirée. Très vite, avec Rose, on s’est mises ensemble parce qu’on avait les mêmes valeurs, les mêmes envies, les mêmes ambitions – et qu’on est amies, ça aide forcément. On est très vite tombées d’accord toutes les deux sur le fait qu’on voulait organiser des soirées rock avec des concerts live.

En fait, ça s’est très vite désolidarisé du côté scolaire. C’est vraiment devenu un projet à part entière qu’on veut faire durer sur le long terme. Donc oui, la première édition c’était pour notre Master techniquement, mais maintenant ça va bien au-delà de ça. On veut continuer à organiser ces soirées parce qu’on a vraiment kiffé l’organisation et le jour J.

INFLUENCES ET ÉCOUTES ACTUELLES

Quelles sont vos influences musicales ? Qu’écoutez-vous au quotidien ?

Rose : Globalement, le rock. Je suis aussi une bonne fan de reggae, de jazz et de soul, qui ont un peu bercé mon enfance. Aujourd’hui, ça reste quand même principalement le rock et c’est clairement ça que j’écoute au quotidien. Je suis très classique, donc ça va plus se tirer sur The Clash, Led Zeppelin, Les Beatles. Mais j’essaie de m’ouvrir à ce qui se passe en ce moment, parce que c’est très important aussi d’écouter les nouveaux groupes.

Morgane : De mon côté, j’ai baigné dans la musique avec des parents qui en écoutaient énormément et qui faisaient beaucoup de concerts. Ma mère est ultra fan de Bowie, donc j’ai vraiment eu Bowie dans mon biberon. Mon père, c’était plus The Cure, U2, tout ça. J’ai donc baigné dans le rock très tôt. J’avais aussi un grand frère qui m’a ouvert à Muse, Evanescence, Linkin Park. J’ai commencé ma vie musicale vraiment plongée dans le rock, et presque uniquement ça.

Très vite, par contre, je me suis fait mes propres influences et mes propres goûts, notamment avec Archive ou M83, ce qui tirait plus vers l’électro. Aujourd’hui, j’éoute tellement de styles. Toujours du rock majoritairement, surtout de la Dark Wave, Cold Wave et du Shoegaze. Mais aussi, bizarrement, beaucoup de pop française, ce qui est complètement à l’opposé, mais j’adore ça. Avec des artistes aujourd’hui comme Claude, Johnny Jane, et Nour. Mon Dieu, Nour, quel artiste incroyable !

Quel morceau ou artiste tourne en boucle pour vous en ce moment ?

Morgane : Je suis en boucle sur l’album que Nour vient de sortir, 1900 jours, qui est exceptionnel. Johnny Jane, qui revient aussi, que j’écoute énormément. J’ai découvert un autre groupe français, Rallye, je suis pareil, « full » en boucle dessus. Et sinon, un autre groupe qui est The Radio Dept., absolument fantastique. Ce sont les quatre trucs que j’ai dans les oreilles continuellement en ce moment.

Rose : Moi, en ce moment, j’ai découvert un groupe il y a quelque temps – qui ne tourne pas du tout trop en ce moment mais que j’aime énormément – c’est Don’t Kill The Clock. C’est un rock progressif absolument exceptionnel, je pense qu’il mérite un petit peu plus de lumière. Et aussi, j’avoue, mon petit coup de cœur : Héroïne, qui a joué à la première édition de One More Song. Je les ai découverts il y a environ un an, un an et demi. C’est du rock français poétique, un peu à la Bashung, qui mérite aussi d’être mis en avant.

LA VISION DU ROCK ET DU LIEU

Quelle est votre définition du rock aujourd’hui ?

Rose : Globalement, je pense qu’on va avoir un peu la même. Aujourd’hui, beaucoup de gens qui n’écoutent pas de rock pensent qu’il n’est pas assez mis en avant, qu’il n’existe plus ou qu’il n’est plus d’actualité. Mais en fait, bien sûr que si. Il y a toujours un public, il y a toujours des gens qui en attendent plus. On le voit parce que ça fait quelques mois que ça revient énormément sur le devant de la scène.

Le rock fait partie du paysage musical depuis des années, il a façonné tellement de genres et de styles qu’il n’est pas mort et ne le sera jamais. Aujourd’hui, il faut juste pouvoir créer des événements comme on le fait, créer des médias ou autre chose qui permettent de mettre en avant des artistes émergents qui peinent à faire connaître leur musique et à se faire entendre. Il y a un public, il y a des artistes, il y a de quoi faire. Le rock n’est pas mort, tout simplement.

Concernant le lieu, (Le Cartilage, Paris) pourquoi avoir choisi ce nouveau lieu pour vos événements ?

Rose : Je l’ai visité à la base pour autre chose, par rapport à mon travail. Quand je suis allée le visiter, j’ai eu un coup de cœur pour l’esthétique du lieu qui correspondait beaucoup à nos attentes. Après avoir discuté avec le programmateur, il y avait aussi un deal intéressant pour nous. On y est retournées ensemble avec Morgane pour le visiter, et ça a été un coup de cœur assez immédiat.

En plus, c’est un nouveau lieu. Ça a permis de mettre la lumière sur une nouvelle salle rock sur Paris. Les autres salles, on en a un peu fait le tour, et on voulait aussi pouvoir permettre à un nouveau lieu de se faire un petit peu connaître grâce à nous, peut-être.

Morgane : C’est une nouvelle salle qui met en avant l’esthétique rock. C’était important pour nous de commencer par un lieu qui était vraiment associé à nos valeurs et à nos goûts musicaux. Pour faire une soirée rock, le faire dans un lieu qui promeut ce style-là, c’était une grosse part du choix.

LA RÉPARTITION DES RÔLES ET LA PROGRAMMATION

Comment se répartissent les rôles au sein de votre duo ?

Rose : On est très complémentaires sur beaucoup de choses, que ce soit sur des tâches précises ou dans nos personnalités. On est un duo qui marche très bien. Ça peut être sur des trucs comme le stress : je vais beaucoup stresser et Morgane va un petit peu me calmer. Sur les plus grosses tâches, quand l’une se sent un peu trop submergée, on est toujours là l’une pour l’autre pour s’aider et prendre les tâches de l’autre afin d’avoir un équilibre. Ce qui fait qu’on n’est pas submergées par le travail. Globalement, on fait quand même nos choix ensemble.

Morgane : Oui, on fait tous nos choix ensemble. On n’en a pas une qui travaille de son côté et l’autre qui fait sa vie, on voit tout ensemble. Après, on fait en fonction de nos compétences. Par exemple, Rose est très axée sur le montage. Toutes les vidéos que vous voyez sur les réseaux, ce sont souvent ses idées, c’est elle qui s’occupe du montage, qui rend le truc dynamique et qui fait que ça marche. Merci à elle, c’est trop bien.

Moi, ça va être plus le côté stratégie. Je réfléchis plus à comment il faut communiquer, quel message il faut donner.

Rose : Souvent, j’y allais un peu tête baissée, et toi tu me recadrais en me disant : « Attends, parce que c’est ça qui fonctionne aussi. »

Morgane : Elle a les idées qui marchent, les formats qui fonctionnent sur les réseaux, comment leur donner vie. Et je suis là aussi pour apporter le côté logique et le côté stratégique derrière, donc c’est vraiment complémentaire. Niveau administratif, on s’y met un peu toutes les deux, on s’entraide.

Pour la programmation, il y a plus d’affinités du côté de Morgane, qui a plus de connaissances des groupes émergents actuels. Elle va plus me présenter des groupes. On décide toujours ensemble, mais c’est vrai que c’est plus ton domaine.

Morgane : Oui, j’ai plus de facilité à trouver les choses actuelles, j’ai plus la curiosité et la découverte facile. Après, ça n’empêche pas Rose d’en trouver non plus : Héroïne, ça vient de Rose, je ne connaissais pas avant qu’elle me fasse écouter.

Comment sélectionnez-vous les groupes émergents ?

Rose : Pour la première édition, ça a été des coups de cœur à nous. Héroïne que je suivais depuis longtemps, Plus Plus Plus que tu suivais depuis longtemps, et Hors Service qu’on a découvert – que tu as découvert en faisant des recherches. Pour les autres éditions, on va regarder car on a reçu énormément de candidatures dès le début de nos posts sur les réseaux. On va sûrement se faire une première écoute des candidatures. Après, on s’autorise évidemment le droit d’aller au concert d’un artiste qui pourrait potentiellement nous plaire pour voir ce que ça donne en live.

Morgane : La sélection se fait forcément par coup de cœur. On va programmer vraiment des groupes qui nous plaisent, qu’on a envie de voir en live nous-mêmes. Ce serait dommage de faire venir des groupes avec lesquels on n’a pas trop d’affects. Et surtout, on veut savoir s’ils ont un bon live. Quand les groupes viennent nous voir, on leur demande systématiquement des vidéos de live pour qu’on se rende compte de l’énergie qu’ils donnent. C’est très important pour nous. On a besoin de gens qui ont la niaque, qui se donnent sur scène et qui ont une énergie folle à retransmettre au public.

C’est aussi pour ça que je fais énormément de concerts dans les salles parisiennes, pour découvrir justement plein de petits comme de plus gros groupes. Je vois l’énergie à ce moment-là, et très souvent c’est quand je les vois en live que je me dis : « Ok, j’aimerais bien les programmer. » On ne s’interdit rien non plus. On peut très bien contacter un groupe qui a 15 000 abonnés sur Instagram, on peut peut-être trouver un deal intéressant avec eux. On y va tête baissée et on voit ce que ça donne. Tant qu’on a un coup de cœur, qu’il soit connu ou pas, on y va.

LES DÉFIS DE L’ORGANISATION ET LA MIXITÉ

Quels défis rencontrez-vous dans l’organisation d’événements rock à Paris ?

Rose : Pas mal. Forcement, l’aspect financier. C’est très difficile de démarrer, surtout qu’on n’est que deux, encore étudiantes – fin de Master, bientôt fini – mais on n’a pas forcément les moyens toutes les deux de mettre énormément dans nos soirées de nos poches. Ça, c’est le premier défi : aller trouver un équilibre et ne pas se mettre dans la merde, clairement.

Après, il y a beaucoup de défis liés au fait qu’on était que deux et qu’on devait gérer ça en plus de nos études, de nos alternances ou stages. Le timing était short, il y avait beaucoup de choses à penser en peu de temps. Il y a aussi le défi des imprévus : si un groupe annule, il faut en retrouver d’autres. Faire une sélection, c’est compliqué aussi. Quand on démarche plusieurs groupes, on doit dire non à certains qu’on aime bien parce qu’on a complété la line-up. Il faut choisir et ça, c’est dur.

Sur l’organisation d’événements rock, on a quand même eu beaucoup de messages disant que ça manquait et que les gens étaient contents de voir une nouvelle soirée émerger 100% rock. À Paris, on a beau dire qu’il y a plein de choses, finalement, en rock ‘n’ roll, on fait vite le tour. Il y a les habitués comme le Supersonic, la Mécanique Ondulatoire, l’International qui font pas mal de choses, mais ça tourne un peu en rond, il n’y a pas de nouveaux trucs. Nous, en tant que public, on avait envie de découvrir de nouvelles choses, donc on s’est dit qu’on allait le créer, tout simplement. Le plus gros défi, finalement, c’est de créer l’engouement autour d’une soirée, mais on a rencontré notre public assez vite et ça fait plaisir.

Quel rôle joue la diversité (origine, style, mixité) dans votre programmation ?

Rose : Tout dépend du thème de l’édition, puisque nous avons un sous-genre qui définit le thème de chaque soirée. Le but est de voir tous les styles de rock, de faire un éventail assez large pour faire découvrir tous les genres différents. Donc le style est très important.

Sur la mixité, on essaie toujours… c’est dur d’avoir des musiciennes femmes, mais on se refuse d’avoir 100% de musiciens hommes dans notre programmation. Il faut toujours qu’il y ait au moins une femme. C’est un petit truc qu’on s’est donné là-dessus.

Morgane : Ça fait carrément écho à la question d’avant sur les défis de l’organisation. C’était un point très important pour nous de trouver un groupe avec des femmes qui soient musiciennes, chanteuses ou autre. En recherchant, on se rend compte que c’est compliqué d’allier la programmation sur un style particulier, avec des groupes qui nous plaisent, qui sont disponibles, et en plus avec cette question de mixité. On garde toujours ça en tête parce que c’est très important pour nous, mais c’est un vrai défi, ce n’est pas forcément évident.

Là, on avait Plus Plus Plus où il y avait une chanteuse, mais c’était la seule représentation féminine de la soirée. Nous, ça nous embête un peu forcément, surtout en tant que femmes. On aimerait bien plus les mettre en avant, mais il faut aller les chercher, les trouver, et qu’elles soient disponibles. Ce sont plein de choses en même temps qui font que ce n’est pas si évident, mais en tout cas, on veut le faire.

AMBITIONS ET MOYENS DE PROMOTION

Votre association pourrait-elle évoluer vers un label musical ?

Morgane : Un label, on n’en a jamais parlé. Par contre, il est clair que si ça marche bien, l’association pourrait évoluer vers une société d’événements. Ça, c’est possible. C’est encore un peu tôt, on a des rêves plein la tête, mais on a toutes les deux une vision d’entrepreneuses. Ça ne m’étonnerait pas que cette discussion ait lieu prochainement pour voir ce qu’on fait, c’est carrément envisageable. Mais c’est encore trop tôt pour poser un plan fixe.

Quelles collaborations aimeriez-vous développer (associations, salles, médias…) ?

Rose : Avec les salles, on n’est pas encore sûres de ce qu’on veut faire. On ne sait pas si on veut bouger ou si on a envie de proposer d’autres choses, c’est en réflexion. Est-ce qu’on collabore avec une salle en particulier et on organise toutes nos soirées dans une seule salle, ou est-ce qu’on fait un peu le tour de plusieurs salles ? On va voir avec les prochaines éditions le format qu’on préfère.

Pour les médias, c’est vrai qu’on aimerait beaucoup s’associer à eux. On en a beaucoup démarché pour la première édition. Il y en a pas mal qui ont répondu présent, beaucoup sont venus participer à la soirée, certains nous ont fait de la pub sur leurs réseaux ou dans leur magazine. J’aimerais bien mettre en place plus de choses à l’avenir, peut-être plus d’interviews comme ça pour que les gens apprennent à connaître le projet. C’est quelque chose qu’on a envie de pousser pour faire connaître la soirée et discuter un peu des enjeux du rock en ce moment à Paris et en France globalement.

Quels moyens utilisez-vous pour promouvoir vos événements et les groupes ?

Rose : Principalement les réseaux sociaux, majoritairement Instagram et TikTok (@onemoresong.paris, n’hésitez pas à vous abonner). C’est là où on a pu trouver notre public cible, les gens intéressés. En partant de zéro, c’est le levier le plus facile pour avoir de la visibilité rapidement et plus facilement.

Morgane : Et surtout sans avoir besoin de cracher de l’argent sans être sûres du retour. On pourrait claquer des balles dans des apparitions médias ou de l’affichage, mais on n’est jamais sûres du retour. Là, au moins, les réseaux nous ont permis d’avoir un premier contact avec notre public et de recevoir des retours directs.

On essaie aussi de mettre en avant quelque chose qui nous a toujours tenu à cœur : le côté humain. On voulait que ce soit nous deux qui le présentions, que les gens nous associent au projet, mais pas pour une question de reconnaissance ou de célébrité, juste pour avoir ce côté humain. Par exemple, on a un petit rituel qui est déjà devenu une habitude : avant chaque édition, on va boire un verre avec les artistes pour les rencontrer, discuter avec eux, apprendre à se connaître. En fait, ça nous apporte de nouveaux amis, on finit par devenir amies avec ces artistes.

Rose : En autre moyen, on a fait de l’affichage dans Paris aussi. On organise ça de manière très humaine : on fait un petit « barathon », on se boit une petite bière vite fait dans chaque bar où on va poster, et du coup on discute avec plein de gens. On peut présenter l’événement sans juste poser une affiche. On en parle aux gens qui nous voient coller l’affiche, on en parle aux gens qui travaillent dans le bar. Le côté humain, on veut le mettre en avant à mort.

L’ÉVOLUTION DE LA SCÈNE ROCK ET CONSEILS

Comment voyez-vous l’évolution de la scène rock indépendante à Paris ?

Morgane : Je vois qu’elle évolue déjà. Ça fait quelques mois, voire un peu plus, qu’elle revient doucement mais sûrement, parce qu’on l’avait un peu perdue. Je vois de plus en plus de salles reprogrammer des petits groupes de rock, ou alors des groupes qui ne sont plus si petits et qui ont un gros public. Je m’en rends compte aussi surtout avec des artistes qui ne font pas nécessairement du rock et qui, pourtant, en utilisent la recette : de la guitare, de la basse, des gros solos. Ça peut être des rappeurs qui, d’un coup, vont implémenter ce côté rock. Ça revient énormément et dans un peu tous les styles. Je pense qu’on est sur une redécouverte, une pente ascendante de la scène rock, pour notre plus grand bien et notre plus grand plaisir.

Rose : Je pense que ça va revenir tranquillement, on attend de voir mais on le sent déjà. Même l’esthétique rock revient beaucoup plus. C’est en train de revenir et je pense que ce n’est que le début.

Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui souhaite lancer une association musicale ?

Rose : Le conseil que je donnerais, c’est : bonne chance et bon courage pour l’administratif déjà ! Mais non, surtout, il faut se lancer, et bien s’entourer, c’est hyper important. Il ne faut pas hésiter parce qu’il y a tellement de choses à faire. Si on a une idée, il faut foncer. Une idée comme One More Song, ça faisait des années que je voulais le faire, et finalement, pour mon plus grand plaisir, j’ai attendu de rencontrer Morgane pour pouvoir le faire avec elle.

Une association en soi, ce n’est pas une boîte, il n’y a pas un gros enjeu financier au départ. Si vous avez un projet en tête, commencez par là et voyez ce que ça donne. C’est beaucoup de travail, mais il faut pas se mettre de freins. Quand c’est de l’associatif, c’est que du kiff, c’est de la passion. Si quelqu’un a une idée qui le passionne, il faut foncer. Juste attention à l’administratif, à tous les dossiers qu’il faut remplir, à la licence d’entrepreneur du spectacle. Il ne faut pas hésiter à demander des conseils, à contacter des gens qui pourraient vous aider. Nous, on a demandé de l’aide partout autour de nous. On est deux à le faire, mais il y a tellement de gens qui nous ont aidées, surtout sur l’administratif. Si on n’avait pas eu ces aides autour de nous, on se serait peut-être laissées noyer rapidement. Donc il ne faut pas avoir peur de se lancer, et surtout pas avoir peur de demander de l’aide.

EXPÉRIENCE, SOUVENIRS ET RETOURS DE LA SOIRÉE

Pouvez-vous nous parler des trois groupes programmés pour la soirée ?

Rose : Pour commencer, Hors Service. C’est un groupe qui, quand on l’a connu, avait je crois trois chansons sur les plateformes. On les a écoutés et on a direct grave accroché sur le style, c’était pile ce qu’on imaginait pour la soirée : un truc très pop-rock avec des textes qui nous plaisaient bien, des petits riffs. Il y avait aussi ce côté très Therapy Taxi qui moi me fait bien kiffer, une touche à la BB Brunes ou Dionysos (même s’ils ne les ont pas cités dans leurs inspirations, il y a de ça). C’est un style auquel j’accroche énormément et qu’on n’avait pas encore dans la programmation, donc je trouvais ça super intéressant de les mettre.

On les a totalement découverts en live lors de la soirée, on leur a fait 100% confiance. Je ne suis pas déçue parce qu’ils ont une énergie de fou sur scène, ils ont tout déchiré. Ils ont ouvert la soirée, ce qui n’est pas forcément évident, et c’était incroyable. Ils ont mis direct une ambiance de fou furieux dans le public, ça dansait dès le début. Je suis très contente de ce live, c’est un groupe à suivre.

Ensuite, il y a Plus Plus Plus. Là, on commence à avoir un style différent, ils sont un mélange de plein de choses et c’est ça que je trouve très intéressant. Je les avais découverts au Supersonic il y a deux ans je pense, et j’avais kiffé leur live. Ils sont à la frontière d’un style très pop française qui tire sur le rock indé, et il y a aussi énormément d’électro. Je pense à leur chanson Tordue qu’ils ont faite en fin de set, ça a mis le feu, c’était incroyable. C’était une esthétique totalement différente et, en même temps, qui se rejoignait bien et complétait bien la programmation. Un truc assez éclectique.

Et Héroïne a terminé la soirée. C’est un groupe de rock français que j’ai découvert il y a un an et demi ou deux ans. Ils ont démarré avec des chansons un peu rock français à la BB Brunes, avec des textes de jeunes de 18-19 ans un peu crus. Ils ont sorti leur premier album il y a quelques mois, qui a été assez épatant. On y a retrouvé plein d’inspirations folles sur les textes et sur les mélodies. Je dis toujours que ce sont les Doors à la française : on retrouve beaucoup de psychédélique, des chansons très instrumentales. En live, c’est impressionnant à voir sur les instruments, c’est un gros rock. C’est pour ça qu’on les a faits terminer la soirée, et ça n’a pas loupé, c’était génial, ça a beaucoup plu. Ce sont nos trois groupes, on les aime énormément et ils sont adorables et très sympas en plus.

Comment le public a-t-il réagi à cette première soirée ?

Rose : Très bien, on a eu des retours assez fous. On ne s’attendait pas à autant d’amour, à des retours si positifs. Forcément, c’est notre premier événement, on est très stressées, on a beaucoup d’attentes, on avait mis la barre haute dans nos têtes. On n’a eu que des bons retours sur le fait que le concept était génial de remettre le rock en avant.

En termes d’ambiance, ça n’a pas loupé. Les gens ont dit que c’était exceptionnel, il y avait une ambiance de fou dans le public, sur scène, partout. Il y avait même des tatoueurs qui étaient dans le fumoir. Peu importe où tu allais dans la salle, il y avait une aura de rock ‘n’ roll qui émanait. Même pour aller fumer une clope dehors, c’était rock ‘n’ roll partout.

Les gens ont adoré aussi comment ça s’est construit, le côté très humain. Il y a tellement de gens qu’on ne connaissait pas qui sont venus se présenter à nous dans la soirée pour nous remercier, pour nous dire que c’était trop cool et pour nous demander quand arrivait la prochaine. On nous a demandé plusieurs fois : « Vous allez en refaire une ? Ce sera quand ? » Ça montre que les gens ont apprécié leur soirée et qu’ils veulent revenir, donc ça fait très plaisir, on est très heureuses.

Avez-vous des anecdotes marquantes ou un souvenir marquant de la soirée ?

Morgane : L’anecdote la plus marquante, c’était qu’en fait, avec Rose, toute la soirée, des gens qu’on ne connaissait pas venaient nous voir pour nous dire merci et que c’était trop cool. À notre âge, en tant que jeunes, c’est le premier événement qu’on organise. On ne s’attend pas à être sur le devant de la scène comme ça, parce qu’à la base on fait ça dans l’ombre, et finalement les gens venaient se présenter à nous. Ça m’a beaucoup marquée et ça nous fait rencontrer tellement de monde, c’est très cool.

Pour le souvenir le plus marquant, on aura peut-être le même avec Rose. On compte à trois ? Un, deux, trois… le truc du public, en fait. Il faut savoir que le nom One More Song, on l’a choisi parce qu’on trouvait que c’était facile à scander, et c’était aussi un rappel au public anglais. En France, on dit « Une autre ! Une autre ! », et en Angleterre c’est « One more song ! ». Quand on préparait la soirée, on avait cette vision, cette envie que le public se mette à scander ça en fin de soirée. On s’était dit : « On lancera le truc et on va voir si ça prend, et si ça prend pas tant pis, on aura peut-être juste honte. » Et en fait, ils n’ont pas attendu qu’on le fasse. Avec Rose, on s’est retrouvées sur le côté de la scène, et on a entendu tout le monde faire « One more song ! One more song ! » d’une façon hyper naturelle. C’était pour demander un rappel au dernier groupe, donc ce n’était même pas pour nous féliciter nous, c’était vraiment qu’ils avaient compris l’anecdote derrière le nom. Quand on organise un premier événement et qu’on entend la foule hurler le nom de l’événement, c’est assez exceptionnel. C’est là qu’on a eu les petits frissons et la petite larme à l’œil.

Rose : J’ai eu la larme à l’œil aussi au tout début de la soirée. Il y a ce souvenir-là, et celui à la fin du set de Hors Service. Jusque-là, j’étais un peu en dissociation, je ne me rendais pas trop compte que c’était notre soirée ; pour moi, j’allais juste voir un concert et c’est tout. À la fin de leur set, Hors Service commence à remercier tout le monde et à nous remercier en disant : « Merci Morgane et Rose pour cette super soirée. » Et en fait, là, j’ai eu le déclic. Je me suis dit : « C’est notre soirée quoi ! », et je me suis mise à pleurer dans les bras de Rose.

Morgane : Elle s’est effondrée sur mon épaule. Je pense que c’est tout le stress qui est parti d’un coup. On s’est dit : « Ça y est, on y est, c’est notre soirée, il y a nos artistes sur scène. » Ce sont vraiment les deux gros souvenirs de la soirée.

UN GRAND MERCI A CE DUO QUI OEUVRE VRAIMENT A FAIRE EMERGER LES ARTISTES!!!

@pyofficiel

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