Inuit
La passion, l’amitié profonde. Une immense complicité. Des éclats de rire, des larmes aussi. On connait tous quelqu’un avec qui on partage ce genre de choses. Quelqu’un à qui on est connecté, d’un lien très fort, intense. Quelqu’un de qui on dit « c’est ma team, mon crew. » À la vie, à la mort. Les mêmes, cinq, dix et trente ans plus tard. Toujours pareil. Avec la même relation. La même intensité.
Avec l’interview qui va suivre, vous allez découvrir quelque chose d’encore plus fort. Qui va casser tous vos codes et remettre en question le moindre sentiment. Votre BFF (Best Friend Forever) n’a qu’à bien se tenir ! Ici, on amplifie tout. Six fois ! Au-delà du fusionnel.
(c) Paul Rousteau - INUIT _MG_1652 - bis
Voici Inüit (avec un tréma sur le u et un point sur le i). Inüit, c’est une fille et cinq garçons, aux personnalités bien différentes. Six membres – Coline, Pablo, Pierre, Alexis, Simon et Rémy -, originaires de Nantes, qui ne forment plus qu’un sur scène et qui nous embarquent tout droit vers une pop dynamique et endiablée. Animale, même.
On les avait découverts aux Chantiers des Francos, souvenez-vous et on les a revus aux Inouïs du Printemps de Bourges.
Sous le soleil parisien, je retrouve une partie du groupe pour une interview décontractée, dans un petit patio vert en plein milieu du quartier du Marais.
Pour interviewer cette joyeuse tribu : six mots. Qui caractérisent le groupe. Inscrits sur des petits papiers. Qu’ils ont tirés chacun leur tour pour me dire ce que ça évoque chez eux.

Alors prêts à casser tous les codes ? Avis de bienveillance, qui vous emportera dans un tourbillon d’énergie !

AMITIÉ

L’amitié, c’est le structurant de notre groupe, notre fil rouge ! On est tous potes avant d’être musiciens ensemble. C’est vraiment ce qui tisse tout notre projet. C’est avant tout une aventure de copains, une aventure humaine, où chacun grandit. On a une véritable connexion qui nous lie.

Au départ, on avait cette envie de jouer ensemble, parce qu’on vient du même domaine, on a les mêmes affinités. On est potes, on se connait depuis une dizaine d’années, via un réseau de musique. On a cette connexion de longue date, dans l’esprit familial. Et puis, ça s’est transformé en évidence avec le temps. Le groupe s’est créé comme ça, naturellement. On avait vraiment cette envie de créer de la musique tous ensemble, en considérant tout le monde, et l’autre surtout. Individuellement et artistiquement.

TRIBU

Ça continue ce qu’on vient de dire ! On est une tribu. Et c’est aussi lié au nom de notre projet : INUIT. Ça fait tribu.
Une tribu, c’est un ensemble d’êtres humains avant d’être une entité à part entière. C’est aussi ça qu’on veut dégager dans le projet et surtout sur scène. On a quelque chose d’humain. Notre musique se fait ensemble, on s’écoute et on se respecte tous.
Une personne peut « prendre le lead » lors des compos, mais à chaque fois, c’est commun et ça s’équilibre selon les différents morceaux. Il y a vraiment de l’attention entre nous. C’est un vrai travail. On s’échange volontairement les rôles. Tout le monde joue les instruments de tout le monde pour composer quelque chose. Toujours dans le respect de l’autre et de l’instrument de l’autre. On pourrait dire que notre écriture est collective, car on a tous des envies et des idées pour chacun et dès qu’on trouve quelque chose de bien, c’est ensuite repris par le musicien spécialiste de l’instrument au sein du groupe, qui se réapproprie le tout et y met son jeu, sa personnalité, pour que ça plaise à tous et qu’on ait une vraie création commune.
La création, c’est aussi un moteur de notre groupe. On a cette volonté de défendre un projet commun. On est six et notre propre désir est amplifié. Avec le groupe, on fusionne, mais on est aussi chacun un. On tient à garder ce côté humain qui nous lie.

Inüit, ça veut aussi dire « être humain » en langue inuite. Ça percute bien, et visuellement c’est joli. Ça reprend bien notre côté un peu tribal, comme les transes, les rythmes percussifs, qu’on utilise. On bosse pas mal sur les effets de répétitions. On veut une musique qui nous touche vraiment.

INFLUENCES

Nos influences premières pour écrire, c’est d’abord les autres. Les membres d’Inüit, mais aussi le public. On aime bien se partager nos découvertes, se faire découvrir nos goûts. À chaque fois que quelque chose nous a touché, on aime le faire partager aux autres. Que ce soit de la musique, du théâtre, du cinéma. On est six, donc six personnalités différentes et ce processus de découverte nous aide à la connexion pour pouvoir composer. Comme on n’a pas les mêmes goûts, ça rend le truc intéressant. On peut se retrouver sur quelque chose mais aussi ça nous aide à aller plus loin pour Inüit. Quelque chose qui te fait du bien à écouter, qui t’influence personnellement, ne sert pas forcément à tous pour le groupe, mais on se nourrit de tout ça, de chacun et de tous.

ALWAYS KEVIN

« Always Kevin », c’est plein de choses !
C’est le nom de notre premier EP, qui sortira le 2 juin. On pourrait dire que « Always Kevin », c’est notre côté stupide ! [Ils rient]. Stupide, parce que c’est un appel à rester spontané, instinctif, sans réfléchir, sans conceptualiser. On peut se raconter plein d’histoires et jamais les mêmes et c’est ça qui est cool.
Là par exemple, on peut te raconter une histoire et ce ne sera pas là même la prochaine fois.
Donc, Kevin, ça peut être le nom de l’oiseau, la colombe qu’il y a sur la pochette de l’EP. L’oiseau fait écho à notre groupe. Comme on est six, on voulait quelque chose d’identifiable plus facilement. On a travaillé avec le photographe Paul Rousteau, qui adore travailler avec les oiseaux et qui a fait une pochette sympa. La colombe, c’est la liberté, la paix et ça correspond bien à Inüit.
C’est aussi la symbolique de l’envol. Cet EP, c’est notre premier envol ! C’est sûr, c’est un peu facile, mais voilà notre esprit « Kevin ».

On voulait aussi contraster avec l’aspect lisse de la colombe, très propre, car notre musique a une certaine rugosité dans la manière d’écrire, elle est pleine de rebondissements, de répétitions. On a envie toujours de casser ce qu’on fabrique, d’établir des ruptures dans notre musique et du coup, mettre « Always Kevin », qui fait un peu candide, un peu juvénile sur quelque chose d’assez aseptisé et lisse, assez primaire, ça représentait bien notre musique. C’est notre volonté de contrastes !

ÉNERGIE

A six, on peut déployer plus d’énergie ! On a une ressource constante d’énergies avec Inüit. Sur scène, il y a quelque chose d’assez tribal et organique. On est en arc de cercle. Coline est au milieu. Et parfois les mouvements peuvent faire penser à une transe. On est tous reliés à la Terre, à l’Essence-même. On est « dans les pieds ». On aime que ça se danse. On adore jouer sur scène. On a une vraie volonté de transmettre notre énergie au public. On est là pour les gens et on veut les inviter à nous accompagner dans le mouvement.

Sur scène, on teste nos musique sur le public. On est très attachés aux réactions des gens. On a besoin de la scène et de leurs réactions pour se recentrer, pour évoluer. On ressent vraiment les énergies. On regarde les visages du premier rang, on devine les silhouettes, les corps qui dansent. On peut voir quelqu’un ne pas bouger pendant le concert et dans son regard, on peut voir qu’il est hyper investi de l’intérieur. On se nourrit vraiment du public sur scène. C’est aussi comme ça qu’on récupère de l’énergie et qu’on en donne.

INSTRUMENTS

Alors nous, c’est les percussions. On a trois pôles sur scène. Mais on a aussi des claviers, un trombone, un saxophone, une basse, une batterie… Travailler ensemble, ça sous-entend de la confiance entre nous. Il y a une forme de spontanéité, même si on ne connaît pas tous les instruments. Pendant la création, on n’a pas forcément un process défini. On teste, on ajuste et si ça nous plait, on garde. On peut mettre les textes sur la musique ou inversement. Ça rebondit. On ne veut pas se caler sur un modèle et entrer dans une production plus cadrée. On ne veut pas penser « productivité ». Sinon on perd le bouillonnement créatif et le loisir de se perdre pour créer et avancer. Ça, on s’en est rendus compte au fur et à mesure. On doit apprendre à travailler en équipe. Il faut être bien dans le groupe. Il faut une bonne atmosphère de groupe et beaucoup de bienveillance, de l’écoute et du répondant ! Qu’on ne se se marche pas dessus et que ça puisse rebondir simplement. Les meilleurs moments, ceux où ça fonctionne parfaitement, c’est ceux où l’on se sent vraiment ensemble, tous investis par la même énergie. Une énergie de groupe. De tribu

Il n’y pas à dire, Inüit, c’est un vrai mode de pensée !

Anne-Laure
A noter :
Sortie de l’EP « Always Kevin » : le 2 juin prochain
Release Party : le 15 juin au Badaboum à Paris.

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