Hellfest – Jour 1 : Chronique brûlante depuis Clisson

Prologue dans le TGV

Hellfest me voilà, pourrait‑on dire si c’était un cri de ralliement à une guerre, mais rassurez‑vous il n’en est rien. Du moins pour l’instant : je suis dans mon TGV climatisé avec une voisine qui m’explique la difficulté de l’architecture des bâtiments modernes. Bref, ça vaaaaa.

Alors, que vais‑je voir ? C’est jeudi et c’est déjà fou. Que dire sur ce lineup dingue ?  

Par où commencer ?

 

L’arrivée : chaleur, foule et montée d’adrénaline

L’arrivée au Hellfest, c’est toujours le cœur qui bat, cette montée de sueur. Oui, il fait chaud, et c’est comme à Disneyland : y’a du monde, du bruit, de la fureur.

Premier constat accablant, beaucoup de festivalier cuits sur place cherchant de l ombre et cette atmosphère si particulière de sieste, trop de bière ? Non les amis, les gens sont cuits par le soleil.. l ambiance est moite et chargée de pesanteur.

Et si ce n était que les festivaliers, j’arrive directement, sans encombre, à la Warzone avec les vétérans de mon adolescence, les Suédois Satanic Surfers, qui ne se soucient toujours pas de l’excès de vitesse de leurs morceaux. Même à 40 degrés, les Vikings enquillent les BPM comme si leurs vies en dépendaient.  

Et pourtant, en plein cagnard avec le soleil en pleine gueule, le groupe parle beaucoup entre les morceaux et ça semble difficile pour le public et eux.

Malgré ça c’est du punk, et ils ne sont pas venus pour vendre des cravates ni acheter du terrain.

 

Mainstage 2 : muscadet, chaleur et rencontres improbables

J’enchaîne péniblement vers la Mainstage 2 à travers des gens déjà usés par l’alcool du démon, à savoir le muscadet.

Deux festivaliers, me prenant pour Alban Ivanov, me communiquent leur joie de vivre et me font un sketch d’Alban Ivanov ivre, ce qui m’a convaincu encore une fois de ne pas aller boire cette boisson du diable.  

Non, surtout pas à 45 degrés.

 

 

Motörhead dans l’air : Mikkey Dee rallume la flamme

Et v’là‑t’y pas que j’entends Ace of Spades de Motörhead. Bah oui mon cher monsieur, c’est Mikkey Dee, le batteur de Motörhead, qui envoie du gros son avec un presque sosie de Lemmy, Viktor Skatt à la basse et au chant avec favori, imite à la perfection Lemmy  

On s’y croirait.Et merci pour ça.

Anecdote amusante, un trentenaire me demande quel est le nom de ce morceau, et dans quel jeu vidéo il était, j’avoue parfois il faudrait mettre en place des ateliers culturels pour gens qui n’ y connaissent rien une playlist à écouter avant de venir.

Le public est quand même assez éteint et la chaleur empêche réellement les groupes de se bouger.

 

Metalcore : entre promesses et réglages capricieux

Sur la Mainstage 1, on voit un metalcore convaincant entre Underoath, Deftones et Caliban. Dommage : on n’entend que la batterie et un peu le chanteur. C’est là où réside le souci du metalcore : quand c’est mal réglé, c’est bof, et l’intensité est moindre.

Le chanteur assure le minimum, on sent qu’il souffre du soleil.

 

Il y a des éléments très intéressants de post‑hardcore : ça donne envie de s’intéresser à la discographie.  

The Plot in You, pour les aficionados.

 

The Pretty Reckless : rock US, ketchup et charisme

Sur la Mainstage 2 arrive, comme la star de Gossip Girl qu’elle est, Taylor Momsen avec son groupe The Pretty Reckless.

Un rock entre les Zeppelin et AC/DC, qui envoie du gros son comme les Ricains savent le faire : gras, lourd, et servi avec du ketchup.

 

Il est encore trop tôt pour boire du whisky dans une taverne du Kansas, mais l’envie est là.  

Ça joue bien, mais comparé au groupe d’avant, la guitare dégueule de partout.

Le guitariste Ben Philips omniprésent sur scène en colle partout, change de guitare régulièrement et nous montre toute notre pauvreté guitaristique, en gros les mecs rentrez chez vous, je vous montre comment on joue.

Ça joue fort,comme dirait mon voisin de palier de 82 ans :  

« Ahh, quand on aime la guitare, ça va. »

 

On ne reste pas de marbre face au charme de la chanteuse qui, avec son charisme évident, continue de faire chauffer l’atmosphère. Ça tombe bien : il fait froid.

Inspector Cluzo : blues gras et succès grandissant

Inspector Cluzo a le vent en poupe : une tournée américaine fortement appréciée, des Maroquineries pleines à craquer sur Paris… le groupe du Sud‑Ouest fait un carton plein.

 

Je me précipite sur la scène Valley, pleine à craquer, pour le duo rock‑blues.  

Un duo batterie‑guitare haut en couleur qui envoie du lourd : c’est du blues bien gras comme on peut aimer en mangeant un barbecue et en buvant des bières.  

Comme à ce moment précis, on passe un bon moment.

Bravo les gars, avec cette question omniprésente, qui s occupe de leur ferme pendant qu ils sont en tournée ?

Temple : ombre, grotte et black metal norvégien

Précipitons‑nous vers la scène Temple, prise d’assaut pour l’ombre ou pour son côté grotte. Nous sommes dans le coin black metal, ne l’oublions pas.

Borknagar évolue dans un black metal pagan de Norvège : jusque‑là, tout est normal, encore plus quand on sait que le groupe vient de Bergen, LA ville où tout a commencé.

 

Un groupe qui mélange du prog, du metal pagan, avec comme thématique la nature… des gentils ?! À voir sur scène : c’est plutôt des faux calmes capables de se jeter dans de la double pédale de compétition.

 

Il est 21 h et le soleil s’enfuit pour notre plus grand plaisir.

Et on commence enfin à sentir une réelle baisse de la température, au moins 10 degrés, et là l’ambiance a décollé.

Papa Roach : énergie, flammes et show total

On revient sur la Mainstage 1 pour savourer le show de Papa Roach. 

Gros, gros show : impressionnant d’énergie, de justesse et de communication avec le public.

Jakoby le chanteur fait le fan service avec un moment revival de la période néo métal façon collection de Laurent Voulzy, interprétant les débuts de morceaux des grands titres du néo métal, Korn, System Of a Down ou encore Deftones, il finira par embraser la foule et son Last Resort incroyable, la foule suit, on reconnaît alors le Hellfest.

Juste les filtres Instagram sur les écrans géants… j’émets un bémol pour les épileptiques : faut aussi penser à eux.

Show à l’américaine comme il faut, avec des flammes : les Ricains, ils savent faire, c’est sûr.  

Des nouveaux morceaux comme du classique qui font bouger la foule ! 

 

 

Alice Cooper : la légende, la guillotine et la maîtrise

Alice Cooper met tout le monde d’accord avec un show millimétré. Je m’aperçois que je connais mal, et que le show donne très envie de s’atteler à sa discographie.

 

Mon voisin de gauche, visiblement aux anges, me raconte que tout y est : la guillotine, le show.  

C’est vrai que c’est diablement bien mené. Chapeau bas pour un monsieur qui va avoir pas loin de 80 ans !

On est très vite happé par le show, les lumières la mise en scène, jusqu’à en oublier la musique ultra daté.

Hypnotique, il ne manque plus que le pop corn

Petit hommage entre nous à Ozzy Osbourne, the Prince of Darkness, suivi d’un feu d’artifice intimiste, qui a dû faire diablement plaisir à Ozzy,qui  de la haut avait une vue imprenable sur le show d artifice.

 

 

Bring Me the Horizon : la claque inattendue

Bring Me the Horizon est auréolé d’une hype totalement incroyable liée aux réseaux sociaux. Je suis passé au travers, le metalcore étant un style tellement commun aujourd’hui que tous les groupes se ressemblent.

 

Alors autant vous dire que je comptais m’en aller quand le rideau s’est baissé… et là, grosse, grosse claque : un show démesuré, des flammes, des lights, un show digne des plus grands groupes.  

Fou.

Un après midi en demi teinte avec un Soleil qui a perturbé l’ ambiance mais en début de soirée, la fête a repris son chemin, démesurée et savoureuse.

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