Senbei

Moitié du duo Smokey Joe & The Kid, le kid Hugo est aussi Senbeï. Un samouraï des temps modernes, un gangster du hip-hop aux influences japonisantes et méga geek.

Beatmaker prolifique, vidéaste hors pair et cinéphile passionné, Senbeï s’est nourri de sa culture et d’un récent voyage au Japon pour produire son dernier EP « NIN », préambule de son 4ème album dont la sortie est prévue pour la fin d’année.

Samedi 3 juin dernier, avant son live à la Bellevilloise lors de la soirée Excuse My French, j’ai retrouvé Senbeï pour une interview décontractée pour parler de son nouvel EP et surtout mieux le connaître.

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Pour commencer, est-ce que tu pourrais me donner 4 mots qui te définissent le mieux ?

Oula ! Dur !! Ah, je sais pas. L’entretien d’embauche ! [Il rit.]

Geek ! Déjà, c’est sûr. La semaine dernière, on a fait un gros apéro geek avec le label.. A la fin, il y a eu égalité, alors on a fait un battle de Mario Kart pour se démarquer… et j’ai gagné ! On peut dire oui, que je suis un geek, un méga gamer.

Hip-hop. C’est la première couche de ce que je fais aujourd’hui. J’ai une méga attirance pour ce style de musique. Ça se ressent dans les différents projets et groupes dans lesquels je suis investi.

Quoi dire d’autres ? Gyoza ! Parce que c’est méga bon. Au Japon, tu as des gyozas à volonté avec du saké. Ou mieux : ramen !! C’est bon aussi ça. Pas trop de sushis par contre, je ne suis pas trop aventurier du poisson… Mais j’ai déjà fait un restau, où les sushis arrivaient en train sur un plateau. C’était complètement fou !

Perfectionniste. Je suis un peu exigeant avec moi-même surtout en ce moment. Avec le live, je suis pointilleux. C’est un peu fatigant pour moi. Mais j’aime être satisfait de ce que je fais. Le problème, c’est qu’en musique, tu peux modifier un morceau à l’infini…

Je suis hyper impatient de sortir mon album, de montrer ça à tout le monde.

Senbeï, quel est ton univers ? Quelles sont tes influences principales ?

C’est toujours très vaste. Pour moi, c’est beaucoup de choses : un mélange de films, de musiques, d’extraits de textes… des choses que je côtoie depuis toujours. C’est un peu indéfinissable. Tellement de choses à la fois…

Après pour mon EP, je suis parti récemment au Japon et ça m’a pas mal inspiré. J’ai enregistré beaucoup de musiques là-bas. J’ai été bien marqué par ce que j’ai vu et ce que j’y ai vécu. Ça se ressent un peu dans l’EP et beaucoup dans l’album, qui est quasiment fini.

Il y a des personnes que tu as aimé rencontrer / avec qui tu as aimé collaborer…

Ahah, je ne vais pas le dire, ce sera la surprise de l’album. [Il rit.]

Il y a Pierre avec qui j’ai déjà collaboré trois fois, le MC de Chill Bump. J’ai commencé aussi à travailler avec Al’Tarba il y a quelques semaines à Bordeaux. On a passé quelques jours sur des morceaux. Ça va peut-être être le début de quelque chose. On verra ! C’est quelque chose dont j’avais envie depuis longtemps. Et hier, j’ai joué avec Clozee à Bordeaux. Ce serait cool aussi de faire quelque chose ensemble.

En fait, ce que je peux dire, c’est que sur l’album, il y a un bon paquet de gens avec qui j’ai déjà bossé, quelques nouveaux, beaucoup de japonais, parce que j’ai enregistré pas mal de musiciens et un super chanteur quand j’y suis allé.

Comment t’est venue cette nouvelle création ?

Ça faisait déjà un moment que je jouais certains samples un peu japonisants. Sur certains anciens albums déjà, il y avait des petites touches asiatiques ; je savais donc qu’il y aurait encore des références sur le nouvel EP et le nouvel album.

Et puis, quand j’ai décidé de partir au Japon (à la base en tant que touriste), on s’est dit que ça pourrait être bien de bosser un peu pour ramener des sons. Alors on a trouvé un studio de musique avec un ingé son français. On a discuté et il s’est occupé de trouver les personnes qui jouaient les instruments que je cherchais. Je suis arrivé avec quelques morceaux pas finis, j’ai donné quelques directives et il ont tous joué à fond. Les japonais étaient tous des bruts en musique ! On a enregistré une heure chacun, en restant dans la même tonalité que ce que je fais. Je ne les connaissais pas du tout à la base et c’était extra. On a bossé comme des dingues. Le flûtiste (flûte traditionnelle), c’est une grosse star au Japon. On a même été invité à un concert de musiques traditionnelles, où les musiciens faisaient des reprises de musiques de jeux vidéos. C’était hyper cérémonial. Un peu comme-ci on avait une star de l’accordéon ici et qu’elle était applaudie par des milliers et des milliers de personnes.

Donc le Japon, une grosse claque ?

Depuis toujours, j’ai une passion pour ce pays. J’ai toujours été intrigué par l’art japonais en général. Quand j’étais gamin, les mangas, je ne les comprenais pas, mais je les contemplais. Avec les intonations, on arrive quand même à comprendre des choses. Je trouve qu’il y a un énorme côté mystique… un truc dans la culture et la religion qui est immense.

Sur place, j’ai passé 10-12 jours carrément dingues. Ce voyage à Tokyo m’a conforté encore plus dans ce que je pensais. J’ai fait des trucs de fous. Des magasins complètement absurdes. Des mangas, des choses qui me parlent depuis que je suis gosse. Et puis la bouffe, elle est tellement monstrueuse !

Qu’est-ce que ça promet pour ton nouvel album ?

Avec cet album, ça ne va pas être plus calme, mais je vais plus m’affirmer qu’avant. Hier, à Bordeaux, c’était un test sur scène. J’ai envie de montrer des trucs très mélodiques avec mes références. Un peu comme-ci tu découvrais mon univers : extraits de films, jeux vidéos.

Il y aura combien de titres sur ton nouvel album ?

Il y aura une bonne dizaine de titres je pense. Je suis encore en train de réfléchir à ça. On le sortira pour la fin de l’année. Mais à partir de septembre, il va se passer plein de choses…

Sinon, on a un EP qui sort bientôt avec YouthStar, le chanteur de Chinese Man. C’est son premier solo et j’ai fait la production et le clip. On a trop hâte de vous montrer ça !

Pour LE show de ce soir, tu es prêt ?

J’ai refait tout le live vidéo, avec toutes les choses que j’aime. Tout mon univers. Je gère tout tout seul. Apparemment, les gens sont vite perchés, vite partis en voyage. Le début du live est hyper patate et ensuite t’es perché pour la suite. Montrer ça, mon univers, c’est mon truc. Ça me fait plaisir. C’est un peu comme-ci j’emmenais les gens chez moi, dans mon salon. J’ai pleins de trucs ramenés du Japon, des peluches Jambon, des mangas, des étagères en verre remplies de figurines. Un vaisseau Lego collector. J’emmène les gens là-dedans et j’adore ça.

A la rentrée, il y aura un nouveau set up. Mon live va être plus rigolo. Il y’aura une grosse tête en carton sur scène. C’est des potes qui l’ont designé. On part aussi à Los Angeles en octobre avec ce masque en carton pour aller tourner mon clip.

Ça change quoi pour toi d’être en live solo par rapport à tout ce que tu fais ?

Ça dépend. Avec Smokey Joe & The Kid, je me suis énormément investi. J’ai mis beaucoup de temps à tout préparer. La musique, les lumières, les vidéos. Quand on a intégré MysDiggi, l’an dernier, j’ai passé 4 mois sur la préparation du live. Et je venais déjà de passer 2 mois à temps plein sur l’album. J’ai bossé avec Straybird aussi, pour un clip sympa. Et là, rebosser tout seul chez moi, ça m’a fait beaucoup de bien. Je me suis reconcentré pour faire que du Senbeï.

Le seul point négatif, c’est que là, je tourne tout seul. Alors qu’en tournée avec les autres groupes, on est 7, 8 personnes. Et je préfère être avec du monde.

Et pour finir… La question que posent toujours les journalistes ?

Une question chiante ? [Il rit]. « D’où vient mon nom ? » !

Alors d’où vient ton nom ?

Alors en fait, Senbeï, c’est une galette de riz soufflée, une chips sucrée salée qui se mange à l’apéro. C’est pas franchement bon… Mais mon nom vient plutôt d’un personnage de BD.  L’auteur donne des noms de plats à ses personnages. C’est assez récurrent au japon. Par exemple, « Naruto », c’est le petit truc blanc et rose dans les ramens, comme un gâteau de poisson. Et Senbeï donc, c’est un personnage de Akira Toriyano, qui a dessiné Dragon Ball. Tous ses personnages ont des noms de bouffe. Senbeï, c’est un inventeur hyper intelligent, qui peut créer tout et n’importe quoi en quelques secondes. Mais le problème, c’est que c’est un gros pervers, qui passe son temps à fabriquer des objets improbables pour aller mater des nanas au sauna… Il gâche trop son talent. Voilà, je trouvais ça sympa, ce côté décalé, un peu prétentieux et finalement très très normal, voire déconnecté. Le « Peut mieux faire » que j’avais au lycée. [Il rit.]

Le live de Senbeï a été une grosse tuerie. Forcément.

A suivre, donc.

Anne-Laure

Excuse my french

 

Dans le dossier :Banzaï Lab #9, la compil’ pour chiller tout l’été >>
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