et-pour-quelques-dollars-de-plus-

L’autre soir j’ai craqué et regardé la rediffusion (nocturne et tardive) de ce chef d’œuvre absolu de Sergio Leone (1965), avec la musique incroyable d’Ennio Morricone. Avec du recul, mais waow c’est de l’art !

Chaque plan est théâtral et équilibré. Les couleurs sont soignées, dans des camaïeux de brun, ocre par exemple.

L’histoire est plus puissante et dure que dans mon souvenir, car l’Indien (méchant absolu) est à la fois cruel mais aussi fou et hanté par le souvenir d’un crime en particulier : Gian Maria Volonté a des yeux effrayants et dégouline de sueur. Il tue froidement, écrase des insectes et les regarde souffrir. Et bien sûr le visage anguleux de Lee Van Cleef vaut son pesant d’or, en chasseur de primes (tel qu’il sera caricaturé dans un bon vieux Lucky Luke). Quant à Clint Eastwood, idole mutique, il mâchouille un cigare, tire juste, et son seul regard de biais en dit long et me fait sourire de plaisir. Impeccable jeu, posture parfaite.

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Et la musique ? Fabuleuse chevauchée, avec des guitares, des chœurs majestueux, des nappes de violons et des parties sifflées, tout cela est simplement mythique. J’ai hâte d’avoir des petits enfants pour leur faire écouter et découvrir ces putains de bonnes B.O., les faire rêver en cinémascope et en technicolor. Grazie mille, Signor Ennio Morricone.

NB : On avait déjà évoqué un autre morceau mythique dans ce style, à l’occasion de la mort d’Elli Wallach, le Truand pour l’éternité.

Puissance de ces légendes créées de toute pièces pour la pellicule et nous derrière l’écran. Un Far West qui n’a jamais existé ? Mais on s’en moque complètement ! Le coffre de la banque d’El Paso vaut bien que des outlaws s’en emparent et que des duels à coups de Colt se déroulent sans fin dans les rues désertées d’un village blanc et fantomatique. On y croit ! Partons du principe que les plus belles histoires ne seraient que de gros mensonges et qu’il faut imprimer la légende plutôt que les faits réels.

Mais que c’est beau et bon tout cela, car la puissance du récit, de la mise en scène, des acteurs et de la B.O. n’ont pas subi les outrages du temps, mais en ressortent encore plus légendaires. Immortels et inoxydables.

Que demander de plus ?

Jérôme « ex-Blondin » V.

 

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