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En janvier, c’est Infiné !

Article #2

Maest’Rone fait décoller la Philarmonie

Toute première visite dans le paquebot biscornu à 400 millions d’euros situé Porte de Pantin. A l’intérieur, c’est gigantesque, asymétrique et vertigineux.

Le noir se fait : sons de violons insistants et très aigus : j’ai soudain un doute et me demande si je ne me suis pas trompé de date et me retrouverais à une session Boulez meets la Discordance. Ouf ! Cela commence, la salle est pleine et le souffle de la musique nous happe dès le démarrage. Ce concert n’est pas banal car Rone, aka Erwan Castex s’est entouré de musiciens en plus de ses chères machines : trio à cordes Vacarme de Gaspar Claus, Joachim Latarjet au trombone, le batteur du groupe Battles : John Stanier, François Marry – François and the Atlas Mountains- guitare et chant.

Sans oublier l’atypique et habité Alain Damasio. Cet auteur de science-fiction (très politique et visionnaire) avait posé sa voix sur le morceau Bora en 2008 et ce soir vient déclamer des textes poétiques exaltés. On écoute, sans oser bouger.

Rone lui-même est au milieu de tout ceci et lance les séquences sonores tel un démiurge.

L’éclairage est soigné et donne une dimension supérieure à ce show : il faut parfois fermer les yeux pour ne pas être ébloui. Flashes, montées et descentes, crépitements : le tout contribue au côté hallucinogène du show.

Les morceaux se succèdent tantôt forts et rythmés, puissants, tantôt planants éclatant en montées stratosphériques. C’est bien un voyage que l’on fait et le gros navire Philarmonie s’élève pendant 1h40 peuplé des créatures, du tohu bohu et bien plus encore que Rone a fait naître.

Navire amiral chez Infiné, modèle de l’électro française, casseur de barrières entre les styles, grand performeur en live : Rone est au-dessus du lot et l’enthousiasme de la foule ce soir n’est pas le fruit du hasard.

La fin du concert nous laisse sonnés et on voit Rone congratuler et embrasser son équipe, nous rappelant que c’est aussi un type bien, chaleureux et modeste. Descendu de son vaisseau spatial, l’humain garde un beau sourire.

Jérôme «Metropolis » V.

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