Roulements de tambour et démarrage en force de l’année 2026 : un gros coup de cœur littéraire.

J’ai dévoré un livre : La Chance Rouge, publié chez Agullo et à paraître dès le 12 février. J’ai même eu la chance d’échanger avec son auteur, Damien Igor Delhomme.

Jusqu’où peut aller un régime autocratique pour pervertir des comportements humains ? Accrochez-vous et lisez…

Nous avons ici une formidable histoire qui se passe en URSS époque « hardcore » soviétique à la dure, en 1971 : création d’une ville entière dans un territoire où il fait moins 40.

Le but de ces travaux titanesques ? Travailler sur la « chance » relative dont certains seraient dotés en faisant des expériences sur des enfants, mais aussi se livrer à des travaux de manipulation sociale sur des adultes. C’est brillant, un peu terrifiant et ultra réaliste tout en demeurant une fiction : on est pris par l’histoire, et je ne voudrais spoiler la fin à personne si j’en parle. Un vrai page turner, j’ai envie de lui donner 5* sur 5.

Au passage, cela vous donnera envie de réviser le sujet de la « psychologie sociale », avec les exemples -toujours effrayants- de l’expérience de Milgram ou de Stanford (expérience « de la prison »). Jusqu’où peut aller un régime autocratique pour pervertir des comportements humains ? Accrochez-vous et lisez…

L’auteur est vraiment chaleureux, il a travaillé énormément pour rédiger ce livre avec une originalité totale dans le format : ce ne sont que des extraits de journaux intimes, des notes officielles ou confidentielles façon KGB, rapports scientifiques, notes, documents caché retrouvés plus tard ou interviews voire interrogatoires).

Je me dis que cette formule va certainement accrocher ses lecteurs, cela donne un rythme avéré et elle permet en tout cas de rebondir de chapitre en chapitre sans reprendre son souffle. Et bien entendu, ajoute à la véracité potentielle d’une fiction qui tient fièrement debout, tel une statue de Lénine dans les affiches de propagande de la « grande époque ».

Ajoutons à cela une riche galerie de personnages très (trop) humains qui sont acteurs, complices, serviteurs, ou victimes de la grande machinerie soviétique. Tel Icare qui fut brûlé par le soleil, certains apprendront à leurs dépens la dure loi du régime rouge.

J’ajoute que l’auteur est habile et fort pertinent, car il met en opposition les Evenks (peuplade du Grand Nord ici martyrisée, mais je n’en dirais pas plus) qui sont des êtres sensibles et proches de la Nature et les « scientifiques » soviétiques qui usent et abusent de méthodes… inhumaines !

Et puis en fond sonore, plus que le vent glacé qui souffle sur les steppes il y a la magie de la musique, des chansons qui demeurent l’ultime moyen de résister.

Vraiment un excellent bouquin, qui donne à réfléchir, à frissonner, et dont les images brûlantes vont vous rester longtemps en mémoire.

Jusqu’où peut aller un régime autocratique pour pervertir des comportements humains ? Accrochez-vous et lisez…

Jérôme « 100% Pravda » V.

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