Frantic City

Dans l’antre du label, La Rochelle…

Dans les années 2000-2001, Bart bâtit les prémices de Frantic City, en se diversifiant dans plusieurs domaines musicaux, tel un « activiste musical ». Organisation de concert, radio, fanzine étaient son pain quotidien lui et son association. C’est en 2006, que prit forme le label : «  On a changé le nom de notre association en Frantic City. A cette époque j’habitais encore dans Bordeaux. A la base, l’idée était de sortir nos disques et ceux des potes. Puis nous avons abandonné, petit à petit, les autres activités pour vraiment se focaliser sur le label, » se souvient notre homme.

Lady Banana

Garage made in Sweden

Ces trouvailles musicales se situent en France mais aussi en Europe, voire de l’autre côté de l’Atlantique. « Lorsque j’étais en Suède, avec mon groupe, on a rencontré Lady Banana. Pontus Westman l’un des gars du groupe est arrivé avec ses enregistrements, on a adoré. Ensuite, on lui a proposé de sortir son disque en France. » Autre exemple avec Froth, un groupe californien : « C’est plus une coproduction avec Azbin Records de Xavier & Caelan. Mais, surtout, on marche par coup de cœur. Si ça nous plaît vraiment, on fonce, même s’ils peuvent être Français ou Suédois. »

Froth

C’est bon ça coco !

Frantic City a évolué durant ses dix années d’existence et cela continuera pour le plaisir de nos oreilles. «  Au tout début quand on produisait des 45 tours, nous étions tournés vers le punk-rock, puis nous avons bifurqué vers du garage, garage-punk, » avoue-t-il, « Dernièrement, on a eu Forever Pavot avec un côté psychédélique.  Au final, notre démarche est le garage-punk, même si on trouve un artiste en-dehors de cette scène, qu’il n’est pas trop con, on veut bien lui prêter main forte. »

Jaromil Sabor

Excellent album

Au fil de la discussion, nous nous sommes arrivés à parler des cassettes et de leur possible retour. Bart nous donne son opinion à ce sujet : «  J’aime bien ce support analogique, tout comme le vinyle. L’avantage est que ça ne coûte pas un centime. Après je ne pense pas que ça va dépasser le vinyle. Elle peut avoir un très bon son, si tu as  le bon matos qui va avec. A Frantic City, on a commencé par le vinyle, puis la cassette, puis de temps en temps le CD, comme avec Jaromil Sabor. »

Avec Teenage Menopause, nous avions causé de Born Bad, Bart apporte sa pierre à l’édifice : «  C’est un très bon label qui a tourné vers le haut de nombreux groupes français. La grosse différence entre nous deux est qu’il s’est concentré sur la France, alors que nous sommes attirés par l’ouverture vers l’Europe et un peu dans le monde. Nos ventes sont 50/50. On était vraiment parti, au départ, vers des échanges avec des labels étrangers. Un moment s’était la Nouvelle-Zélande et le Japon. Une fois, j’ai eu un mec d’Ouzbékistan qui avait un label. Je lui ai envoyé des disques. Par contre, je n’ai toujours rien reçu de sa part ».

Au début de notre échange, il va nous avait parlé de son groupe, Skeptics : «  J’ai eu des groupes avant et après mais celui-ci est un cas particulier. J’ai commencé à enregistrer des morceaux en 2008 ; à l’époque je jouais dans des groupes de garage-punk. Cependant, je n’arrivais pas à sortir les idées de la tête. J’ai composé des morceaux en solo entre 2008 et 2010. J’avais en tête de créer un vrais/faux groupe sixties obscur. Ensuite, j’ai déménagé à Bruxelles en 2010, où j’ai rencontré Aline qui cherchait elle-aussi un groupe. Je lui ai payé une basse et elle a commencé à travailler. Après plusieurs mois, nous étions sur les routes hollandaises, belges ou françaises. On a commencé vraiment à jouer des lives en 2010. »

La boom dans le cimetière

La boom dans le cimetière

Notre premier véritable LP est sorti chez une amie, Moody Monkey Records. On a sorti notre dernier album  l’année dernière, Open Sea. » Skeptics continue son chemin : « on veut rester actifs. Aujourd’hui, on a un nouveau batteur, un pote anglais . Aline est toujours ma colocataire, dès qu’elle finit sa formation, on reprend le chemin des studios. Elle gère aussi Frantic City avec moi. »

La Rochelle a un long passé musical, pour beaucoup elle est le fief historique du garage punk français. Bart nous donne sa version de l’histoire : «  Elle commence dans les années 80, où ça bougeait énormément, tu avais des garageux, des mods, voire même des psychos. Puis même dans le coin avec la Vendée et Bordeaux pas loin. Il existe une vieille connexion entre La Rochelle et Bordeaux. Dans les années 90’s, tu avais une poignée de groupes de garage-punk assez percutants. Tu peux noter les Weaks, ils sont une légende locale de garage-punk. Tu as les TV Killers, une bande de branleurs punk de Rochefort qui ont réussi à sortir trois albums et une tournée américaine. » Il poursuit en évoquant les haut-lieux jadis connus des Rochelais : «  A La Rochelle, tu avais la Casamance. C’était une toute petite salle. Avec notre situation, de nombreux groupes passaient entre deux concerts en Espagne ou en Belgique. Il y a eu le Barbarella qui avait rouvert dans les années 2000, ce qui avait permis de relancer les concerts, mais ils  les ont arrêtés  car ça devenait trop compliqué. Depuis cinq ans maintenant, nous avons La Sirène mais ça ne vaut pas les petits clubs de rock »…

Thomas Monot

Bonus lien :

Frantic City bandcamp

Skeptics bandcamp 

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