Le jazz, c’est élitiste, c’est ceci, c’est cela. Et bla bla bla.
Bon, j’avoue : c’est souvent la musique qui tourne dans la salle d’attente de mon dentiste. Censée détendre, paraît-il.
À chaque fois, j’écoute, j’essaie de suivre la trompette, la batterie… même le chant. Peine perdue : je sais que je vais avoir mal aux dents.
Et quand ça se passe mal avec un patient, le dentiste sort en mode ni vu ni connu je t’embrouille et demande à la secrétaire de monter un peu le son.

Et là, dès que le volume grimpe, je me concentre… et je trouve ça tip top. Toutes ces rythmiques, ce groove, cette créativité. Ça fait un bien fou dans les oreilles. Il faut juste écouter, vraiment écouter. Ça détourne l’attention de la roulette, c’est déjà ça.

Je ne suis spécialiste de rien — ni du jazz ni du reste — mais je cherche la création, le travail, l’authenticité. Et là, j’ai ouvert mes chakras grâce à un groupe talentueux et franchement sympathique : Dirty Kitten.

Un EP qui groove dès la première seconde

Pour commencer 2026, rien de mieux qu’un petit détartrage auditif. Dirty Kitten sort en autoproduction un EP savoureux : cinq titres d’un jazz néo-soul incroyablement riche. À écouter absolument :

  • en tapant du pied dans sa voiture,en frappant le volant des mains quand le ciel est gris,dans les embouteillages à Villeneuve-Saint-Georges,

  • ou dans son salon après une longue journée, avec cette légère ivresse qui permet le lâcher-prise.

Quatre titres seulement, oui. Je me suis dit : on va rester sur sa faim. Eh bien pas du tout. Que nenni.
Il y a tellement de choses dans un seul morceau qu’on a l’impression d’en écouter plusieurs.

 

Le morceau fleuve : “Why Should I”

Cerise sur le gâteau : un titre incroyable de 7 minutes 56. Une ballade nocturne, enfiévrée, un parcours, un challenge auditif et créatif. Woow.

Good Night” nous plonge ensuite dans les méandres de la nuit, une atmosphère révélatrice de sensations.

Ces étudiants en musicologie de la belle ville de Tours (promis, aucune blague sur la taille de la ville ni sur les kilomètres qui nous en séparent) ont du talent à revendre.

 

Des musiciens qui envoient du lourd

  • Le bassiste : un niveau de fou. Chaque note est un jeu sonore, une curiosité qui saute à l’oreille. Une prouesse technique pour faire ressortir cet instrument trop souvent mal aimé. Quel groove, mes enfants.

  • La chanteuse : une voix suave, entre Mélanie Gardot et Norah Jones. Juste, précise, impeccable en anglais.

  • La batterie : solide, carrée, elle tient la baraque et permet aux autres de partir dans tous les sens créatifs du terme.

  • Le clavier : une nappe groove qui répond parfaitement à la basse.

  • La guitare : posée comme le sel sur un bon plat. Présente sans en mettre partout, respectueuse de la ligne, avec un petit solo ambiance Red Hot dans “Anger Issue”.

Quatre titres, oui, mais certainement pas des fonds sonores. Une vraie sensation de fraîcheur, même en plein mois de janvier avec -5°C dehors.

 

Un groupe à suivre

Dirty Kitten est prometteur, et la tournée arrive. Ils seront au Plan, jeudi 29 janvier, si vous voulez les voir.

Et comme dit le jargon : si t’as du mal à suivre, c’est que t’es trop vieux. Ouf, j’ai réussi à suivre ces quatre morceaux.

@pyofficiel

MERCI AU GROUPE POUR CETTE INTERVIEW

1. Présentation du groupe

Question : Si je devais vous présenter en soirée à des amis qui cherchent de nouveaux groupes à découvrir, que pourrais-je dire pour leur donner envie de vous écouter ?

Réponse : C’est un groupe aux influences très groove, avec une touche de néo-soul new-yorkaise et une voix empreinte de soul. Il y a beaucoup de couleurs musicales, une grande richesse d’ambiances, et l’objectif est vraiment d’immerger l’auditeur dans un univers sonore large, où chaque morceau raconte une histoire. Le projet est engagé, défendant la liberté, les droits des femmes et la liberté de chacun de vivre comme il l’entend.

 

2. Thématique engagée et processus créatif

Question : Qui porte cette thématique engagée dans le groupe ?

Réponse : C’est un travail collectif, mais les textes sont écrits par moi (Jeanne, la chanteuse), puis validés et travaillés ensemble. Chacun compose autour de ces textes, tout le monde est impliqué.

Question : Pourquoi avoir choisi l’anglais pour vos chansons ?

Réponse : Je trouve que l’anglais sonne bien et change la manière de chanter, d’écrire les mélodies. Mes influences majeures, comme Aretha Franklin, Patti Smith, Tina Turner ou la chanteuse de Lawrence, chantent en anglais. J’aime la profondeur que permet cette langue, qui est aussi universelle.

 

3. Origine du nom et du projet

Question : Comment avez-vous choisi le nom « Dirty Kitten » ?

Réponse : Au départ, dans les textes, il y avait une approche assez brute et authentique, proche de l’esprit rock. Le nom « Dirty Kitten » a aussi une référence au jazz, où les musiciens étaient parfois surnommés « cats ». Cela représente bien l’esprit du groupe. On a hésité avec d’autres noms, mais celui-ci s’est imposé.

Question : Quel a été l’élément déclencheur du projet ?

Réponse : C’était plutôt une urgence créative. Après avoir composé seul et enregistré en home studio, j’ai ressenti le besoin d’enregistrer en vrai, avec des musiciens. Le morceau « Floating Lie » a été le point de départ de cette aventure collective.

 

4. Parcours et influences des membres

Question : Pouvez-vous présenter les membres du groupe ?

Réponse : Nous sommes cinq, tous issus de la fac de musicologie de Tours, avec un parcours en jazz et musiques actuelles : Jeanne Madec, Wilhelm Bouvet, Maël Laplace, Rayàn Lépinay et moi-même (Bob à la batterie et à l’administratif). Nous avons tous commencé la musique très jeunes et venons d’horizons variés.

 

5. Ambition artistique et rapport au public

Question : Quelle émotion souhaitez-vous transmettre au public ?

Réponse : Nous voulons partager un ressenti, faire réfléchir, mais aussi faire danser. Chaque morceau peut être vécu différemment selon l’auditeur : certains se laissent porter par l’instrumental, d’autres s’attardent sur les paroles. Il y a une dimension intimiste et universelle, où chacun peut se reconnaître.

 

6. Processus de composition

Question : Comment se passe la composition des morceaux ?

Réponse : Le processus est de plus en plus collectif. Au début, j’apportais des idées, des grilles, des thèmes, et chacun était libre d’adapter ou de composer sa partie (en restant dans la DA initiale de la maquette). Aujourd’hui, le groupe travaille ensemble pour façonner les morceaux. Cela donne une grande diversité et une richesse musicale.

7. Sortie de l’EP et choix du format

Question : Pourquoi avoir choisi de sortir un EP plutôt qu’un album ?

Réponse : Nous avons hésité, car techniquement, notre EP est déjà un album : “Hey You”, notre EP sortant le 7 mars, dure 24 minutes et comporte six titres, alors qu’un EP est normalement limité à 23 minutes et cinq titres. Mais nous préférons l’appellation EP car il nous a permis d’expérimenter, chercher notre son et ne pas nous enfermer trop vite dans une case. C’était notre première expérience en studio avec ce groupe, et nous avions besoin de ce temps d’exploration. L’album, pour nous, doit être une finalité, pas une étape précipitée. Les professionnels à qui nous en avons parlé n’étaient pas tous d’accord, car le groupe était encore jeune au moment de l’enregistrement, mais ce choix nous a permis de nous former et de voir si le projet fonctionnait.

 

8. Travail en studio et accompagnement

Question : Comment s’est passée l’expérience en studio ?

Réponse : Nous avons été très bien accompagnés par Fabien Tessier du studio Tram 28, qui a su trouver le juste milieu entre exigence et bienveillance. Il nous a guidés sans jamais imposer, nous laissant la liberté d’expérimenter. Par exemple, pour le morceau « Why Should I », il nous a laissé le studio toute une nuit pour que nous puissions créer la deuxième partie du titre en totale autonomie. Ce sont des moments qui créent des anecdotes et renforcent la cohésion du groupe.

 

9. Public visé et message

Question : À qui s’adresse votre EP ?

Réponse : Tout le monde peut s’y retrouver, mais je l’adresse en priorité aux femmes, ou plus largement à toutes les personnes qui manquent de liberté ou qui subissent des discriminations. Le message central, c’est la liberté de vivre comme on le souhaite, un thème universel qui peut toucher chacun.

 

10. Expérience de la scène et organisation des tournées

Question : Avez-vous déjà joué sur scène ? Comment organisez-vous vos concerts ?

Réponse : Oui, dès que nous avons eu un set prêt, nous avons commencé à jouer sur scène. Après quelques changements de musiciens, nous avons rebâti le set en trois mois et organisé une première mini-tournée en Normandie (Cherbourg, Le Havre, Rouen, Bayeux). Cette expérience nous a plu, alors nous avons décidé de repartir en tournée après la sortie de l’EP, avec des dates dans le sud de la France (Limoges, Bordeaux, Dax, Toulouse, Montpellier, Marseille) et d’autres à venir. Nous préparons aussi une tournée dans le nord pour la fin de l’année, et nous envisageons déjà un retour en studio l’année prochaine.

 

11. Ambitions et organisation interne

Question : Quels sont vos souhaits pour l’avenir du groupe ?

Réponse : Notre objectif est de signer avec un label pour pouvoir nous concentrer sur la musique et déléguer l’administratif et le booking à des professionnels. Aujourd’hui, chacun gère une partie des tâches (communication, visuels, organisation des concerts, administratif), mais cela prend beaucoup de temps et d’énergie. Nous sommes presque tous étudiants, avec des emplois à côté, et il est difficile d’être productif dans ces conditions. Un label nous permettrait d’avancer plus vite et de sortir un deuxième projet plus rapidement.

 

12. Conclusion et ouverture

Question : Un dernier mot, une question à poser, ou un message à faire passer ?

Réponse : Merci pour l’interview et le soutien. Nous sommes ouverts à toutes les opportunités, que ce soit pour jouer sur de nouvelles scènes ou rejoindre des collectifs. L’essentiel, c’est de partager la musique, de progresser ensemble et de faire entendre notre voix.

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