Il existe une poignée de précieux labels musicaux, et tout comme Born Bad, dans un univers tout autre -mais non moins passionnant- le label Infiné va aussi fêter ses 20 ans d’existence et Songazine tient à lui tirer son chapeau.

Le choix de se consacrer à écrire sans relâche au sujet de la musique amplifiée et actuelle ne se justifie que par la soif de découvrir sans cesse des artistes et œuvres qui touchent votre cœur et votre âme.

Plutôt que de courir s’abreuver à la source facile et sucrée des grands succès, boostés par un marketing efficace et une conception trop souvent simplifiée, il est prodigieux de s’aventurer à la découverte de nouveautés et créations originales. Dans un maëlstrom de productions et de genres, comment s’y retrouver et se faire plaisir ?

Ceci étant posé, il est nécessaire d’adopter une posture de curiosité, humilité et d’ouverture d’esprit… qui est très souvent récompensée !

Ainsi, pour arrêter la philosophie à 2 centimes et revenir au jeune fringant label Infiné, depuis 20 ans ce dernier nous a régalés de belle façon en proposant des productions à la fois remarquables et qualitatives. Une écurie de champions, un panel d’excellence, une sélection exigeante.

Un sillon fort riche est le leur : la musique électronique au sens très large, en pariant sur des approches élégantes et raffinées.

Leur slogan est brillant  : “Easy Music For the Hard to Please”.

Petits malins, en revanche il ne s’agit jamais ici de hits prémâchés, de bluettes consensuelles ou de comptines dites urbaines boostées à l’autotune et au clip provocateur, c’est même parfois “Hard music” car il faut parfois écouter, réécouter des albums pour s’en saisir, les adopter et les aimer ensuite.

La liste de leurs productions est longue et la richesse de leur catalogue est avérée. Plongez-y !

Chez Songazine, on adore (par exemple) Rone, Deena Abdelwahed, Vanessa Wagner, Léonie Pernet, François & The Atlas Mountains, Almeeva, Arandel, La Fraîcheur, Lucie Antunes, O’o, Secrets Of Elements, Toh Imago, UTO et Vanessa Wagner.

Une palette de talents, une variété sonique remarquable !

Comment ne pas être pleins de gratitude pour le simple fait d’avoir ouvert nos horizons musicaux, de nous proposer sans cesse des filons à creuser et des sons à se mettre entre les tympans (avec le cerveau au milieu !)

Et quelles actualités par exemple, pour nourrir notre soif inextinguible ?

Vanessa Wagner nous laisse rêveurs avec 4 études pour piano de Philip Glass, remixées. Typiquement un univers rare que j’ai découvert grâce à Infiné, difficile d’abord, hypnotique ensuite.

Rone nous offre un remix d’un morceau de son album Megaptera : Rone, pilier du label, musicien majeur de l’électronica, français et panthéonisable immédiatement.

Une superbe compilation aka « Electronica » qui précisément fait la part belle à ces acrobates des machines, synthétiseurs, séquenceurs et boîtes à rythmes. De la musique originale, parfois très cérébrale, souvent onirique, jamais ennuyeuse, qui se déguste sans hâte.

A l’heure où l’I A remet en cause la création et toutes les formes d’art, nous plongeant dans le doute systématique, les catalogue Infiné vous abritera dans des mondes terriblement humains malgré un usage diabolique des machines.

Pourvu que ça dure.

Longue vie à Infiné !

Jérôme « I like Roland, I love Juno » V.

PS : et depuis moult années, un grand MERCI à Virginie F., semper fi des relations presse, qui m’a nourri en caviar pour les oreilles et perles à découvrir. Je n’ai pas pu tout aimer, mais cependant essayé de ne pas trop laisser perdre de la pluie fine de jolies choses que je tente d’attraper avec des gants de boxe…

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