J’apprends aujourd’hui la mort d’un musicien qui était passé à la CLEF Saint-Germain en Laye en février 2013.
A titre de modeste hommage, nous republions le live report d’un très chouette concert. Nul doute que ce musicien est accueilli au paradis avec les honneurs…
Jérôme « alive and kicking » V.
Le vieil homme qui embrassait la foule
Février 2013. Concert chaleureux d’un artiste ghanéen, Ebo TAYLOR, à La Clef, Saint-Germain en Laye. Plus de deux heures de cette musique africaine moderne et entraînante aussi appelée « afrobeat » ou « highlife ». Chaleur dans le rythme, superbes cuivres, guitare lancinante, orgue obsédant et paroles hypnotiques : Ebo Taylor et ses musiciens lacèrent l’hiver le temps d’une prestation scénique sincère et belle. La chanson Appia Kwa Bridge fait partie du set. Elle parle d’un pont près de chez lui où les couples se donnent rendez-vous et se retrouvent le soir. On le voit sur la pochette du disque éponyme. Un pont pas très grand, pas très beau, un peu rouillé, certes mais ô combien important pour qui cherche l’amour. C’est une belle chanson. Une autre variation sur ce thème chanté des millions de fois ? Qu’importe, c’est l’intention qui compte et de cela, Ebo Taylor en a à la tonne. Il est né en 1936, c’est un musicien de talent, un vieux magicien qui fait swinguer le monde depuis presque 6 décennies. Il a la sagesse d’un baobab et son œil brille toujours d’une flamme invraisemblable. Depuis les années 50 il arpente sans relâche des scènes grandes et petites, enregistre des dizaines de disques.
Soirée superbe. D’ailleurs, magnifique surprise, son ami Tony Allen, LE batteur du grand Fela viendra jouer sur une chanson. Pour l’ultime morceau, les musiciens attaquent un instrumental et notre homme descend dans le public. De façon naturelle et systématique, il embrasse les uns, fait un pas de danse avec de jolies spectatrices, serre la main à d’autres. Politesse extrême de quelqu’un de bien. Reconnaissance envers ceux qui l’aiment et l’écoutent. Sens du partage de l’Afrique enchantée.
Je vais vous faire un aveu : cela m’a ému de façon profonde et persistante.
Merci Mr. Taylor, respect et amour pour les gens comme vous qui apportent un peu de lumière sur tous les continents. Et que les rendez galants là-bas, près du pont d’Appia Kwa, au Ghana, se finissent tous le mieux du monde !
Jérôme “Entouka” V.





