Qui ne connait pas Messaline? Tu ne connais pas Messaline?? c’est avec ces interrogations au ton quelque peu moqueur que mon pote Hardos, Gilles fan de Maiden, de Trust et de toute cette scène si riche début 80, finit de me faire la chronologie en détail du mouvement Hard Rock français.
« J’attends ta chronique mon pote » les portes de l’enfer… non pardon du métro se refermèrent sur moi, me laissant sur le quai de la Gare du Nord avec une moue digne des plus grandes interrogations

Messaline c’est du Hard rock et aussi du heavy metal, originaire de Bourg-en-Bresse, formé en 2003 par d’anciens membres du groupe Absurd.

Le groupe se distingue par un chant en français, des textes travaillés et un univers à la fois puissant, mélodique et surtout une certaine sensibilité narrative, une créativité assez bienvenue dans un genre assez « déja vu », ultra balisé.

Au fil des années, Messaline a construit une discographie solide avec plusieurs albums marquants comme Guerres pudiques, Éviscérer les dieux ou encore Vieux Démons, montrant une évolution vers un rock plus accessible tout en gardant une identité forte.

Porté notamment par son chanteur Éric Martelat (en itw plus bas), le groupe s’inscrit comme une valeur sûre du rock/metal français indépendant, reconnu pour son authenticité et sa longévité.

 

Alors oui, au vu du CV impressionnant du Quintet, il serait stupide voire même assez fou de laisser passer la sortie de leur nouvel album, une véritable découverte… attention les copains suspens…


Avec (alias Lilith), dans les bacs depuis le 6 mars 2026, MESSALINE plonge dans une exploration des identités fragmentées et des faux-semblants, woow attendez… c’est pas fini! Pensé comme une enquête, l’album relie ses 9 titres à travers une imagerie visuelle riche, où chaque élément de la pochette agit comme un indice.
Malin, créatif, la pochette agit comme une véritable oeuvre d’art, un S7VEN musical!
Alors musicalement, le groupe oscille toujours entre Hard Rock à l’ancienne, efficace avec un chant travaillé qui parfois peut faire penser à Ozzy avec des textes volontairement cryptiques, diablement intéressants
il me fallait une interview pour percer ce mystère… 
Album à écouter vraiment si vous voulez comprendre..
@pyofficiel

Et donc voici l’interview du chanteur parolier Éric Martelat merci à lui d’avoir répondu à mes questions :

Présentation du groupe & du concept

  • J’ai un ami en soirée qui ne vous connaît pas et pourtant il a l’impression de vous avoir déjà vus : comment lui résumer votre groupe en quelques phrases ?

C’est un groupe que tu n’as jamais vu à la télé, jamais entendu sur les grandes radios ! Pourtant ces ploucs ont déjà ouvert pour Trust, Porcupine Tree, Paul Di Anno (ex Iron Maiden),  Ange, Freedom Call, tous les groupes français des 80’s de Vulcain à Killers en passant par Blasphème ou Adx, et même Stephan Eicher !  

  • Qui est “Lilith” dans cet album : un personnage, une idée, un symbole ?

Lilith est un symbole de femme forte, rebelle et sulfureuse. Tout comme Messaline l’impératrice romaine. Lilith a le côté démoniaque en plus, évocatrice des ténèbres et de notre part d’ombres.

  • Alias Lilith parle‑t‑il plus de vérité… ou de mensonge ?

Ah ça….La vérité absolue est plus dangereuse qu’un mensonge utopique.

Construction du récit & de l’enquête

  • À quel moment le concept de l’enquête s’est-il imposé : dès le début ou en cours de création ?

En cours de création. Au bout du 6ème morceau composé j’ai commencé à réfléchir au titre du futur album et au visuel. Je cherchais mais je ne trouvais pas. Donc je me suis dit qu’il fallait  que ça reste à l’état de recherches ! (rires).

  • Chaque morceau semble être une pièce d’un puzzle : était‑ce intentionnel ?

C’était assez « surréaliste » car une fois cette idée d’enquête trouvée, inconsciemment j’ai trouvé des ramifications entre entre les morceaux. Comme un assemblage de cadavres exquis.

  • Y a‑t‑il une histoire cachée derrière l’ensemble de l’album ?

Peut-être …Aux auditeurs de se faire leur propre histoire.

Direction artistique & visuels

  • La pochette est très particulière, presque cinématographique : comment cette idée est‑elle née ?

Dévoreur de polars (je suis une sorte de cannibale lecteur !) et de séries criminelles, cette vision du tableau d’enquête s’est imposée à moi tout naturellement justement parce que j’étais dans la recherche d’un visuel. Une mise en abyme en quelques sorte.

  • Pourquoi avoir choisi un visuel entièrement “à l’ancienne” ?

Au départ nous devions retravailler avec Stan W. Decker qui nous avait fait (peint) le visuel de Vieux Démons notre précédent album studio. Une fois l’idée de la représentation du tableau d’enquête trouvée, il était difficile d’en faire une peinture. J’ai préféré créer réellement le tableau d’enquête matériellement et de le faire photographier.

  • Quel lien faites‑vous entre l’image (le tableau d’enquête) et la musique ?

On a donné des pistes aux auditeurs. A eux de s’imprégner de la musique pour trouver des liens avec les visuels.

Musique & identité sonore

  • Musicalement, on sent plusieurs facettes : pourraient‑elles se prêter à une musique de film ?

Ah oui certains titres ont été arrangés dans ce sens. Dans « Mordorée Lilith » l’intro avec les claviers sont une référence évidente à l’univers cinématographique gothique de Tim Burton.

  • Est‑ce votre album le plus libre ?

Complètement. On voulait aller plus loin dans le style qu’on développe depuis Vieux Démons. On ne se met pas de barrières. Si on sent qu’on part dans une direction Rock pour un titre, plus pop metal pour un autre, à chaque fois on va jusqu’au au bout de nos idées.

  • Cherchez‑vous à surprendre l’auditeur en permanence ?

Non mais c’est vrai qu’en ne se fixant aucune limite on va forcément explorer des territoires qui vont surprendre l’auditeur à la 1ère écoute…

  • Aimez‑vous parfois perdre volontairement l’auditeur ?

Pas le perdre mais c’est cool de le faire aller là où il ne s’y attend pas. Le schéma riff/couplet /refrain + riff/couplet/refrain/solo n’est pas systématique 🙂 !

Dimension scénique

  • Comment traduire un album aussi conceptuel sur scène ?

On a intégré 8 des 9 nouveaux morceaux dans la set-list en retirant d’autres titres plus anciens. Là, on ne parle plus de concept mais de chansons indépendantes qui ont une autonomie propre dans la set-list.

  • Allez‑vous intégrer l’univers visuel en live ?

Oui un peu….comme on a pas mal de clips animés, on s’en sert comme fond de scène durant le set.

Rapport à la création & à l’époque

  • Vous revendiquez un travail artisanal, à contre‑courant : un choix militant ?

Nous sommes des artisans dans le sens amour et passion pour le travail bien fait, la création. Peut-être à contre-courant car nous enregistrons encore nos albums dans de vrais studios loués pour un temps imparti. Pas de recording à la maison seul devant son ordi. Un vrai tue-l’amour ça ! Où est le rock’n’roll sinon ?

  • Vous sentez‑vous en décalage avec l’époque actuelle ?

Certaines fois oui ! Ce n’est pas être passéiste de dire ou surtout de constater avec des exemples concrets qu’il y a certaines choses qu’on faisait mieux avant avec plus d’envies.

  • Cherchez‑vous à résister… ou simplement à rester fidèles à vous‑mêmes ?

On ne résiste pas dans une perspective idéologique sinon on serait des Don Quichotte luttant contre des moulins à vent. On créé ce nous vient des tripes avec passion et c’est pour cela que Messaline reste fidèle à ses vieux démons.

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